Alors que les Jean-Yves Chauve médecin, spécialiste de la médecine à distance, médecin du Vendée Globe répondra aux questions de Mathilde Munos

Jean Yves Chauve est le médecin du Vendée Globe depuis la première édition, en 1989
Jean Yves Chauve est le médecin du Vendée Globe depuis la première édition, en 1989 © AFP / vincent curutchet / DARK FRAME / DPPI

A quelques jours de la fin du Vendée Globe, la course est-elle plus risquée pour les skippers ? Pas pour ceux qui font la course en tête, mais "ça va être plus compliqué pour les derniers, il y a des désillusions, les skippers sont un peu désabusés", explique Jean-Yves Chauve, médecin du Vendée Globe depuis 1989. "Je les connais pour certains depuis longtemps, j'apprécie la façon dont ils s'expriment : il n'y a pas forcément tout le temps des problèmes médicaux, c'est une forme de surveillance, ils savent que je suis à l'écoute en permanence", ajoute-t-il.

En 30 ans, avec l'évolution des télécommunications, la course est-elle devenue plus facile ? "Ca reste une course en solitaire, mais un peu moins en solitude, explique Jean-Yves Chauve. Maintenant il y a des liens permanents avec la terre, ça change la physionomie de la course. Il y a des avantages, mais en même temps, ça fait un voyage qui est moins un voyage intérieur. Quand on fait un Vendée Globe, c'est parfois pour se retrouver seul, et cette rencontre avec soi-même est un peu perturbé par le fait d'être tout le temps avec la terre", dit-il, même si "sur le plan médical, c'est l'idéal". 

Peut-on apporter tous les soins à distance ? "On peut tout faire, à partir du moment où le skipper est conscient", dit Jean-Yves Chauve, qui rappelle qu'il peut y avoir des chocs violents et que les traumatismes crâniens. "Mais ils ont une pharmacie de bord et une formation médicale", précise-t-il. "Le bateau est souvent l'obsession des skippers, et la difficulté pour eux, c'est le manque de sommeil, ils apprennent à dormir par petites périodes de 20 minutes, jamais plus d'une heure et demi, ça peut induire de l'hypovigilance, un moment où on n'a pas assez dormi et où on anticipe mal les mouvements du bateau, on agit avec retard, et cela peut conduire à des blessures", explique-t-il, détaillant le fait que les problèmes traumatiques sont plus présents que les virus. 

Le dopage est-il présent sur la course ? "Prendre des produits dopants pendant plusieurs mois, ce n'est pas tenable, c'est beaucoup trop dangereux, ce serait jouer les apprentis sorciers", explique Jean-Yves Chauve, qui ajoute que ce n'est pas l'esprit des skippers, qui véhiculent une forte valeur de retour à la nature. 

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  • Jean-Yves ChauveMédecin de la course du Vendée Globe depuis sa première édition en 1989
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