Patrick Liebus, président de la CAPEB, confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment, est l'invité de Mathilde Munos.

Patrick Liébus est le président de la Capeb, la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment
Patrick Liébus est le président de la Capeb, la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment © AFP / Dominique Faget

Les chantiers doivent se poursuivre pendant le confinement, dit le gouvernement. Et il a trouvé ce week-end un accord avec le BTP. 

La semaine dernière, 90% des chantiers étaient à l’arrêt, vont-ils reprendre aujourd’hui ou dans les prochains jours ? Patrick Liébus, président de la Capeb (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment) répond : "Dans les prochains jours oui. Aujourd’hui, ça serait étonnant, car pour reprendre les chantiers, il faut une réorganisation et tous les paramètres pour protéger les entreprises et les salariés. Dans les prochains jours, pourquoi ? Parce qu’un document a été édité, construit par l'OPPBTP (Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics), qui donnera les informations aux salariés et aux chefs d’entreprises pour qu’ils puissent reprendre, s’ils veulent et peuvent. Car il faut que les clients acceptent que les entreprises viennent bosser chez elles, et que les gros chantiers des entreprises doivent rouvrir. Ce n’est pas du tout évident, car les salariés restent en risque et en danger.

Muriel Pénicaud a insisté pour que les chantiers rouvrent en affirmant que votre secteur fasse "preuve de civisme". Qu’est-ce qu’il y a dans ce Guide des bonnes pratiques ?

"Il doit être validé par le gouvernement : il va être vu aujourd’hui et validé demain par le gouvernement : il contient toutes les informations pour mettre en sécurité les employés et les entreprises, comme porter les protections obligatoires contre le covid19 (gants, masques, gel hydro-alcooliques) et d’autres protections. Et s’ils ont les protections, il est primordial que les salariés acceptent d’aller sur les chantiers et que les particuliers acceptent d’avoir les salariés chez eux. Dans ce cas, les entreprises peuvent reprendre les chantiers. Néanmoins, nous avons refusé que les apprentis aillent sur les chantiers, car on leur dit de ne pas aller sur les lieux d’apprentissage (collèges, facs), mais on doit les faire venir sur les chantiers. C'est absurde."

Si le gouvernement estime que vous êtes un secteur essentiel et que vous devez travailler, est-ce que cela veut dire que si vous allez dans une pharmarcie, on vous donne ou vend des masques ?

"A ce jour, pas du tout. Tout d’abord, il faudrait que les masques soient en quantité suffisante chez les soignants et les personnels médicaux. On a des contraintes, les négociants en matériaux et les fournisseurs sont fermés pour la plupart, certains vont rouvrir, d’autres non. Je rappelle une chose extrêmement importante : nous assurons les dépannages d’urgence, mais le restant sera fait si le Guide est accepté, si les salariés veulent s’occuper des chantiers et si les clients nous acceptent chez eux, avec les protections adéquates."

Est-ce que vous-même (vous avez une entreprise de recouvrement dans l'Ain), vous allez dire à vos ouvriers d’aller travailler ? "Non parce que les négoces sont fermées autour de nous et beaucoup de clients ont leurs enfants chez eux et n'accepteront pas que l'on fasse le déplacement."

Est-ce qu’il y a des chantiers qui sont plus à risque que d'autres par exemple chez les particuliers, où les gens sont plus proches, que dans un bâtiment en construction ? "Bien sur chez les particuliers, vu qu’on est proches, ils sont chez eux, il y a des contacts via des objets qu'ils ont touché. Quand on nous dit qu’il faut se laver les mains, c’est plus compliqué. Sur un gros chantier, on croise des collègues, il y a des distances plus faciles à respecter.

Vous vous occupez d’indépendants, quelles sont les aides prévues ? "Oui nous avons des aides, qui n’étaient pas prévues à la base. C’est pour cela que nous avons signé un accord avec des conditions bien particulières, notamment celle que les indépendants puissent bénéficier d’un fonds bientôt mis en place quand ils auront une perte d’exploitation. Avant cette discussion, le BTP était exclu et le chômage partiel n’était pas accordé au BTP. Après discussion, nous avons obtenu ces deux mesures. Ces deux points particuliers faisaient que nos catégories d’entreprises étaient un peu à part."

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