Un accusé peut-il comparaitre en visioconférence ? C’est ce qui va se passer au procès des attentats de janvier 2015 : le principal suspect, malade, ne sera pas dans le box ce lundi à la reprise de l’audience, à la grande colère des avocats. Me Samia Maktouf, avocat des parties civiles, est l'invitée de Mathilde Munos.

Le procès des attentats de janvier 2015 doit reprendre ce matin après 3 semaines de suspension. Mais le principal accusé, Ali Riza Polat, est toujours malade. Il a contracté le coronavirus et présente des troubles digestifs. Le ministre de la Justice a donc fait passer une ordonnance taillée sur mesure pour qu’il puisse comparaître par visioconférence. Les avocats de la défense sont furieux, et ils ne sont pas les seuls à s’insurger. 

"La comparution en personne de l'accusé principal est indispensable, elle répond aux principes de al dignité de chaque accusé, et nous devons cette présence en personne aux victimes, qui s'attendent à avoir un verdict exemplaire, exempt de toute violation". Elle critique l'ordonnance récente faite pour ces comparutions par visioconférence : "On essaie de modifier les règles, en cours du procès".

"Il est faux de dire que l'accusé est susceptible de ne plus intervenir : le dernier mot revient à l'accusé"

Elle évoque le strict respect d'un procès équitable : "Il n'est pas concevable de dire des choses à l'accusé par visioconférence. Soit il est en état d'assister à ce procès, soit il ne l'est pas". 

L'avocate poursuit : "Plaider, évoquer des principes de liberté, je voudrais les dire face à ces accusés, parce que je porte la voix des parties civiles, c'est important qu'ils soient en face, pas en visio". 

  • Légende du visuel principal: Me Samia Maktouf, avocat des parties civiles au procès des attentats de janvier 2015 © Radio France / France Inter
Les invités
L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.