"On en profite mais on sait que ça ne durera pas", explique Jérôme Hagege, restaurateur, président du collectif anti-sargasses de Marie-Galante en Guadeloupe et invité de France Inter mercredi matin. Ce qui ne durera pas, c'est l'absence des sargasses, algues qui polluent les plages dans les Caraïbes.

Les sargasses envahissent une plage en Guadeloupe en 2017
Les sargasses envahissent une plage en Guadeloupe en 2017 © AFP / Laurent Lhote / Biosphoto

Les sargasses sont au cœur d’une conférence internationale qui s’ouvre aujourd’hui, en Guadeloupe. Ces algues envahissent les côtes de la mer des Caraïbes et leurs émanations sont toxiques. Comment faire pour s’en débarrasser ? C’est tout l’objet de ce sommet en présence de nombreux pays (Mexique, États-Unis, République Dominicaine, Panama, Guatemala, Costa-Rica, Brésil) mais dont Jérôme Hagege, restaurateur et président du collectif anti-sargasses de Marie-Galante, en Guadeloupe, n'espère malheureusement pas grand chose, dénonçant un "coup de pub". "On a le sentiment d'abandon" explique-t-il, évoquant neuf millions d'euros d'aides reçues contre les 16 millions promises par l'ex-ministre Nicolas Hulot. "L'argent c'est le nerf de la guerre et malheureusement, il n'est pas là", ajoute le restaurateur.

"Actuellement, il n'y en a pas du tout, grâce à la période cyclonique qui les chasse des côtes. Mais c'est temporaire, elles reviendront tôt ou tard. On en profite mais on sait que ça ne durera pas", témoigne Jérôme Hagege. Selon lui, un "vrai souci" se pose "avec le ramassage" de ces algues. "On est entrain de polluer nos sols, à amonceler des sargasses toxiques qui dégagent de l’ammoniac, de l’hydrogène sulfuré, de l'arsenic dans les sols. Tout ça s'écoule sur l’écosystème, les poissons et aucune étude n'est menée sur les personnes qui mangent ces poissons" explique-t-il. 

Aujourd'hui, les élus "font avec les moyens du bord" pour ramasser ces algues, explique Jérôme Hagege qui regrette qu'aucune entreprise ne veuille investir dans la transformation des sargasses, dont on peut faire du papier, par exemple. "Ça peut s'arrêter pendant trois ou six mois donc aucune entreprise ne veut investir. C'est là que l'État pourrait intervenir" ajoute-t-il.  

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  • Jérôme Hagegerestaurateur et président du collectif Anti-Sargasses de Marie-Galante en Guadeloupe
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