Série - "Ils font bouger le monde et les mentalités" : France Inter se penche sur ceux qui façonnent l'avenir. Cette fois, Théo Curin, champion de natation handisport, vice-champion du monde ; son objectif en 2021: traverser à la nage le lac le plus haut du monde - le lac Titicaca au Pérou - en totale autonomie.

Théo Curin
Théo Curin © AFP / FRANCK FIFE

Athlète quadri-amputé (amputé des 4 membres), nageur, Théo Curin veut traverser le lac Titicaca, une expédition prévue dans quelques mois : "Ça faisait quelques temps que je faisais face à des soucis de qualifications, face à des mecs qui avaient leurs deux mains. Je me suis dit que c'était peut-être le moment de faire une pause, le temps que ces problèmes de classification soient résolus". 

Des fois, je me dis qu'on a peut-être vu les choses un peu grand. Ça fait flipper de savoir que c'est dans moins d'un an, mais c'est tellement excitant.

Perché à 3800 m de hauteur pour cette traversée, il faut anticiper puisqu'on respire moins bien quand c'est haut : "L'année de préparation sert à ça, avec des stages d'altitude à Font Romeu". En plus de l'altitude de la distance, il y a aussi le froid de l'eau à 8°, dans laquelle il va passer 10 jours, et pour lequel, là aussi, il doit s'entrainer sérieusement avec son équipe : "On sera trois nageurs, la nageuse Malia Metella et Matthieu Witvoet et une dizaine d'autres personnes dans ce projet", dont deux médecins, des coach physiques, et son agent. 

"Vivre ce défi avec d'autres personnes"

"Malia, c'est une battante, avec un corps très puissant qui va tracter le radeau dans lequel on va dormir, et Matthieu connait les écosystèmes, et c'est grâce à lui qu'on va devenir des pros au niveau de l'écologie". 

Pourquoi partager ce défi ? "J'ai besoin de vivre des choses très intenses, mais avec d'autres personnes, vivre ce défi avec d'autres personnes. C'est pas une simple expédition, un défi sportif, mais un moment exceptionnel dans notre vie". 

Amputé des membres à 6 ans, il se rappelle : "Sur le coup, c'est peut-être plus difficile pour mes parents et ma grande soeur, mais dès la sortie de l'hôpital, je me suis lancé des défis quotidiennement, comme de remarcher sur des prothèses", ce qu'il a fait deux mois plus tard, "les médecins ont halluciné."

"J'ai ce but de casser les codes, montrer que le handicap ça peut atteindre tout le monde et qu'on peut tous rebondir", dit aujourd'hui celui qui est aussi mannequin, acteur, journaliste, et qui n'a pas encore envie de tourner la page du sport paralympique. 

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