Eric Dupond-Moretti, avocat français de Julian Assange, est l'invité de Mathilde Munos. Il a rejoint d’équipe de défense du fondateur de Wikileaks et souhaite saisir la CEDH et rencontrer Emmanuel Macron sur le sujet de son extradition.

Eric Dupond-Moretti
Eric Dupond-Moretti © Radio France

Réclamé par la justice américaine pour avoir publié une masse d'informations classifiées, le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, va s'efforcer à partir de ce lundi de convaincre la justice britannique de refuser de l'extrader vers les États-Unis. Personnage controversé, l'Australien de 48 ans a déclaré lors d'une audience préliminaire qu'il refusait de se "soumettre à une extradition pour un travail de journalisme qui a récolté de nombreuses récompenses et protégé beaucoup de gens". Il risque jusqu'à 175 ans de prison aux États-Unis. 

"C'est un homme prostré", explique son avocat Me Eric Dupond-Moretti, qui pense "qu'il va mobiliser toutes les énergies qui lui restent (...). Il a moins de chance d'être acquitté que Trump devant le Conseil d'État."

"L'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a rappelé que la détention de Julian Assange constituait un dangereux précédent pour les journalistes, et qu'il ne devait pas être extradé vers les États-Unis."

"La liberté d'informer est au cœur de l'affaire", poursuit l'avocat, "RSF rappelle qu'en réalité, ce sont tous les journalistes qui sont concernés, sauf les Américains, qui sont protégés par leur Constitution."

"Les États-Unis lui reprochent d'avoir révélé des écoutes de gouvernements étrangers, je pense qu'il n'y a plus de règles (...) La vision de l'administration américaine change selon la couleur politique", explique Eric Dupond-Moretti, en rappelant l'affaire Manning : "Obama souhaitait abandonner les poursuites, Trump les a reprises. On est dans des enjeux qui ne sont plus judiciaires".

"On va déposer une requête "charpentée" à Emmanuel Macron" affirme enfin l'avocat de Julian Assange. "Depuis la précédente demande, il y a des éléments nouveaux et Julian Assange a des points d'attache dans notre pays : un petit garçon mineur de nationalité française qui vit en France."

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