Un café, trois questions à Guillaume Ouattara, étudiant en informatique qui s'est plongé dans le fonctionnement de l'algorithme de Parcoursup.

L'interface Parcoursup pour l'orientation post-bac
L'interface Parcoursup pour l'orientation post-bac © AFP / DENIS CHARLET

Le code source

Le Ministère a publié lundi – donc la veille de la publication des résultats – l’intégralité du code source qui régit une partie de la procédure Parcoursup, en mettant en ligne une quarantaine de fichiers informatiques et un document de 18 pages qui détaillait pas à pas comment la plateforme fonctionnait et les critères utilisés pour ces fonctions-là.

Pour mémoire, les trois étapes de Parcoursup sont :

  1. Les candidats formulent des candidatures dans des formations (des vœux)
  2. Les formations reçoivent ces candidatures (formations sélectives ou non) 
  3. L’envoi des réponses via la plateforme aux candidats

Guillaume Ouattara :

Ce qu’on découvre avec l’analyse du code, c’est que cette étape qu’on pensait n’être qu’une mise en relation, et bien non : Parcoursup vient refaire un tri par-dessus le tri effectué par les formations

Un 2e algorithme vient rebattre les cartes

Il y a des algorithmes locaux, avec des critères fixés université par université (la moyenne, les appréciations de professeurs…) et un algorithme national qui va fonctionner sur deux critères : le taux de boursier et la résidence (il y a un taux maximum de non-résidents dans les académies des universités non sélectives)

L’algorithme de Parcoursup ne trie pas les candidats selon des critères académiques mais selon des critères sociaux.

Guillaume Ouattara : "Le 1e algorithme, celui des facs, des écoles… n’est pas accessible. Chaque université utilise les critères qu’elle veut. Le Ministère ne les publie pas (…) alors que c’est l’algorithme le plus important dans Parcoursup. Les universités trient comme elles le veulent : certaines université ont décidé de favoriser les étudiants qui venaient de lycées avec des bons résultats au Bac, d’autres qui ont privilégié les élèves qui avaient redoublé. Et cela, les universités ont pu le faire sans aucun contrôle. "

Il y a une opacité, qui s’est renforcée avec Parcoursup.

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