Flavien Neuvy, économiste, directeur de l’observatoire Cetelem, est l'invité de Mathilde Munos.

Première semaine de déconfinement dans les rues commerçantes de Toulouse
Première semaine de déconfinement dans les rues commerçantes de Toulouse © AFP / Frédéric Scheiber / Hans Lucas

"Cette épargne forcée n'allait pas se terminer à la sortie du confinement" estime Flavien Neuvy : "Il y a beaucoup de stress économique, les Français préfèrent garder leur épargne de précaution plutôt que de dépenser leur argent", explique cet observateur du comportement économique des Français, qui précise que "ce qui marche en ce moment, ce sont les vêtements pour enfants", avec aussi "une première semaine positive du côté des librairies".

Made in France porteur

"Les Français n'ont pas envie de retrouver leur niveau de consommation d'avant la crise", estime-t-il, avançant des habitudes de consommation passablement modifiées : "Les tendances vues avant la crise s'accélèrent, le made in France est porteur, les Français ont compris qu'il fallait être autosuffisant". Et parmi ces nouvelles habitudes qui devraient perdurer : "Le 'drive' a beaucoup progressé et les supermarchés de proximité sont sortis renforcés".

"Cette crise est un accélérateur de mutation"

"Ceux qui étaient fort avant la crise ressortent plus fort" estime encore Flavien Neuvy : "Beaucoup de producteurs locaux se sont organisés sur internet et la consommation à distance a pris de nouvelles habitudes. On peut penser que ce sont des habitudes qui resteront : dans ces domaines, le premier pas est le plus dur, mais ensuite l'habitude est prise".

Parmi les secteurs à la peine : "Ceux sur lesquels il n'y pas besoin de changement immédiat : l'ameublement, la voiture, l'équipement, les produits de grande consommation avec lesquels les Français sont déjà équipés". Il faudra surveiller l'hôtellerie, la culture : "Les Français ont gardé l'envie de se faire plaisir comme un besoin fort".

"Tous ceux qui achètent une voiture sont ceux qui en ont déjà une, donc il n'y a pas d'urgence" précise enfin l'économiste, qui estime qu'un plan national d'aide devrait aider, pour que les consommateurs achètent moins polluant par exemple. Mais il prévient : "En général un plan d'aide incitatif fonctionne bien, mais le contrecoup se fera sentir plus tard."

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