Bruno Bobkiewicz, proviseur de la cité scolaire Berlioz de Vincennes et secrétaire national du SNPDEN Unsa est notre invité de 6h20, après l'annonce par Olivier Véran d'un nouveau protocole sanitaire renforcé pour les établissements scolaires.

Quelle est la situation dans les écoles françaises ? Bruno Bobkiewicz, proviseur de la cité scolaire Berlioz de Vincennes et secrétaire national du SNPDEN Unsa,  "On a une augmentation sensible du nombre de situations sur une semaine. Sur mon établissement, il y a une classe fermée liée au variant sud-africain, avec un protocole extrêmement strict qui fait que dès qu'un élève a une contamination dans le foyer, sa classe est fermée immédiatement et les enseignants sont isolés. On est sur une quinzaine de situations positives en une semaine", explique ce chef d'établissement, qui note que ces périodes de sept ou dix jours d'absence ne sont jamais remplacées. 

"Cela fait un an que l'on vit dans une situation incertaine, avec un horizon qui s'éloigne et peu de perspectives positives. Pour les élèves, c'est une situation complexe, et chez les personnels, qui fatiguent, il y a beaucoup d'incertitudes. Pour les collègues qui sont dans les départements où les mesures sont renforcées, on sent une grosse fatigue", souligne-t-il. 

Jeudi, le ministre de la Santé a indiqué l'arrivée d'un nouveau protocole renforcé dans les écoles. "On va de protocole renforcé en protocole renforcé, c'est compliqué de se projeter. Objectivement, on a épuisé toutes les marges possibles, à la cantine, dans les couloirs, etc. Les seules marges exploitables, et c'est ce qu'on dit depuis le mois de novembre, c'est l'allègement des effectifs dans les collèges par exemple, une demi-jauge ou une jauge partielle dans les collèges. On a également été surpris par la réouverture des gymnases depuis lundi, ça ne va pas dans le sens de la pandémie".

"A chaque fois que la situation évolue, on nous dit qu'on va renforcer le protocole. Mais quelle est la marge de renforcement ? On s'interroge."

"On peut envisager de solliciter les parents pour qu'ils viennent récupérer en partie leurs enfants à midi, on avait gagné une trentaine de places à la cantine, ce qui nous laisse une marge pour les espacer", donne-t-il comme exemple. "Si on veut garder les établissements ouverts, il faut protéger les personnels et donner le signal que ce personnel est prioritaire", dit-il quant à la vaccination des enseignants. Quant à l'avancée des vacances de Pâques, il déclare que selon lui, c'est "une arlésienne" : "Mais il faut être clair : soit ce sont des vacances prolongées, soit c'est un arrêt de l'école avec mise à distance des élèves, et ça ne s'appelle pas des vacances". 

  • Légende du visuel principal: Collège, cartable, école, enseignement, dictée, classe, cours, illustration © Radio France / Emmanuel Claverie
Les invités
  • Bruno Bobkiewiczsecrétaire général du SNPDEN, proviseur du lycée Paul Eluard à Saint-Denis
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