Que faire des déchets nucléaires français ? Alix Mazounie, chargée de campagne énergie à Greenpeace, est l'invitée de Mathilde Munos à 6h20.

Autocollant d'un manifestant opposé au nucléaire lors de la manifestation à Nancy en septembre 2019
Autocollant d'un manifestant opposé au nucléaire lors de la manifestation à Nancy en septembre 2019 © Maxppp / Alexandre MARCHI

La commission nationale du débat public vient de rendre ses conclusions concernant le débat sur la gestion des déchets nucléaires. Entre le 17 avril et le 25 septembre, 3 400 personnes ont participé à ces discussions. 

Le grand débat : "On attend de voir"

Ce 27 novembre, Alix Mazounie, chargée de campagne énergie à Greenpeace, déplore : "La question des déchets nucléaires concerne tout le monde, mais c'est vrai que le débat a rassemblé assez peu de citoyens." Mais cela s'explique facilement : "On voit qu'à chaque fois qu'il y a un débat, les conclusions ne sont absolument pas prises en compte par les pouvoirs publics."

Si le gouvernement est tenu de répondre aux conclusions du débat dans les trois mois, Greenpeace craint que la réponse soit évasive. "On attend de voir. Cette fois, vu la crise, on espère que le ministère de l'Environnement va réagir."

Alix Mazounie rappelle les chiffres français en matière de nucléaire : 

  • Plus d'1,6 millions de m³ de déchets nucléaires en France, répartis sur environ 70 sites,
  • Environ 20 000 m³ supplémentaires produits chaque année, simplement liés à la production d'électricité nucléaire

Ils sont répartis sur environ 70 sites en France, même s'ils se déplacent beaucoup : il y a 19 000 transports de déchets nucléaires par an (route et ferroviaire). "Il y en a en gare du Mans, sur la rocade de Bordeaux, en gare de Massy-Palaiseau non loin de Paris..."

Le projet Cigéo

Il y a différents types de déchets, "les déchets les plus dangereux sont dits à haute radioactivité et à vie longue. Ils vont rester radioactifs pendant des milliers voire des millions d'année. C'est vraiment eux le nœud du problème : comment garantir leur sécurité pendant des périodes qui dépassent l'entendement ?"

Actuellement, ces déchets les plus dangereux "sont entreposés en attente d'une solution définitive", précise Alix Mazounie. "La solution du gouvernement, c'est le projet Cigéo, qui est de les enfouir 500 mètres sous terre dans la Meuse. Pour nous, ce n'est pas suffisant, le projet n'apporte pas les garanties suffisantes."

Greenpeace propose "des endroits où les déchets resteraient accessibles, par exemple en sub-surface, où ils resteraient visibles. Le jour où on trouverait mieux, on pourrait les déplacer."

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