Blocage du canal de Suez : Christian Buchet, directeur du Centre d'études de la mer de l'Institut catholique de Paris, est notre invité de 6h20.

La mer Rouge, et la mer Méditerranée, transformées en gigantesques parkings à bateaux : plus de 350 navires sont coincés de part et d’autre du canal de Suez car un porte-conteneur en bloque l’accès depuis presque une semaine déjà. Il s’était échoué en travers… et c’est tout le commerce maritime mondial qui s’est retrouvé ébranlé. L'Evergreen, avec ses 400 mètres de long, a tout de même commencé à bouger ces dernières heures, selon les sites de visualisation du trafic maritime Vesselfinder et myshiptacking consultés lundi matin. L'arrière du navire de plus de 200.000 tonnes s'est éloigné de la rive ouest du canal selon ces sites, ce que confirme une source sous couvert d'anonymat au canal de Suez.

S'il est débloqué dans les heures qui viennent, qui est le scénario le plus optimiste, "il faudra entre 3 et 6 jours pour éponger tous les retards" selon le directeur du Centre d'études de la mer de l'Institut catholique de Paris  : "400 navires sont bloqués, et beaucoup vont attendre devant les ports, il n'y pas assez de place ; 10 000 camions sont aussi bloqués dans l'attente de leurs chargements, cela va dérégler le commerce mondial pendant - au moins - 15 jours". 

Christian Buchet rappelle aussi des cargaisons sensibles, dont celles qui l'inquiètent le plus : les 30 000 moutons bloqués, à qui il faut faire parvenir du fourrage et des soins vétérinaires, ou bien des puces électroniques qui servent dans beaucoup de domaines, et qui sont très attendues en particulier en ce moment . 

Un gigantisme dangereux

Quelle estimation des conséquences financières ? "Le consommateur final finira par la payer" estime Christian Buchet qui rappelle la somme, , que cela coute au commerce international : entre 6 et 10 milliards par jour. Les canaux de Suez, Panama, les détroits, sont des artères importants du commerce mondial : "Suez est la route la plus direct de l'Asie vers l'Europe, sinon c'est près de 9000 kms de plus : plus de distance, plus de carburant, plus de dépenses. Suez, c'est aussi la troisième source de rapport du gouvernement égyptien". 

Et il blâme surtout l'escalade non maitrisée dans le gigantisme de ces transporteur : "Si jamais un porte-conteneur comme ça était bloqué par exemple dans la Manche, on n'aurait pas de remorqueur assez puissant pour le secourir.  Le gigantisme s'est développé sans les moyens nécessaires". Et il rappelle : "Un navire comme celui-ci n'aurait pas pu passer dans le Canal de Suez, il y a encore 6 ans".  

Les invités
  • Christian BuchetDirecteur du Centre d’études et de recherche de la mer de l’Institut catholique de Paris, Président du Conseil scientifique d’Océanides
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