Cécile Coudriou, présidente d'Amnesty international France, est l'invitée de Mathilde Munos pour la remise du rapport de l'ONG sur la répression judiciaire des manifestants pacifiques en France.

"Trop souvent, le droit français a été utilisé de telle manière, disproportionnée, excessive, et ç'a été l'occasion de réprimer de manière excessive, sur le plan  des violences policières mais aussi sur le plan judiciaire : ce rapport change de focale et montre qu'il y a eu des excès, des dérives dans la manière dont les manifestants, même lorsqu'ils étaient pacifiques, ont été traités" affirme aujourd'hui la président d'Amnesty France. L’organisation publie aujourd’hui un rapport qui compile toutes les condamnations qui ont eu lieu pendant le mouvement des "gilets jaunes" et son constat est sans appel : le gouvernement français instrumentalise tout simplement la loi pour restreindre le droit à manifester.

"Usage massif de l'outrage aux forces de l'ordre"

La France a pris des engagements internationaux, notamment le droit de manifester pacifiquement (article 21) mais "trop souvent des infractions considérées comme pénales ne devraient pas l'être au regard du regard international".  L'organisation a procédé à une vérifications des faits minutieuses, une enquête faites d'entretiens et de consultations des dossiers, qui révèle ainsi un "usage massif de l'outrage aux forces de l'ordre" : 

"Trop souvent, cela a donné lieu à des restrictions excessives de la liberté d'expression"

"Trop souvent, cela nous a paru aberrant", dit-elle en pointant des infractions "qui relèvent du civil, non pas du pénal". "Une manifestation peut parfaitement être pacifique, même lorsqu'elle est spontanée", rappelle Cécile Coudriou qui s'interroge sur le droit à manifester : "Il faudrait remettre une focale sur des manifestants pacifiques qui ont, aujourd'hui, peur d'aller manifester ".

Elle pointe aussi une dérive accentuée du fait de l'augmentation des manifestations, "mais il y a une vraie sonnette d'alarme à tirer" : "Ce n'est pas parce qu'il y a eu des violences qu'il faut laisser dériver l'état de droit". Elle soulève aussi le recensement de dérives en période de crise sanitaire : "Plus on respecte le droit international, plus les citoyens respectent les autorités, il y a une sorte de cercle vertueux à mettre en place".

  • Légende du visuel principal: Cécile Coudriou, présidente d'Amnesty international France © AFP / ABLO PORLAN / HANS LUCAS
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