Série : ils font bouger le monde et les mentalités, Alizée Lozac'hmeur co-fondatrice de MakeSense, association qui a comme objectif de promouvoir l'entrepreneuriat social auprès du grand public et des professionnels répondra aux questions de Carine Bécard.

Alizée Lozac’hmeur
Alizée Lozac’hmeur © Positiv.tv capture

Elle est l'une des co-fondatrices de l'association MakeSense, créée en 2011, avec pour objectif de promouvoir l'entrepreneuriat social. 120 personnes s'y activent, la plupart en France, mais également en Afrique, au Mexique et aux Philippines.

Qu'est-ce qu'on appelle l'entrepreneuriat social ?

"C'est une nouvelle façon d'entreprendre qui a pour objectif de mettre l'entreprise au service de la société ou de l'environnement. Les entrepreneurs sociaux et environnementaux sont ceux qui entreprennent non pas pour s'enrichir, mais pour résoudre des problématiques sociales, environnementales. Ça peut être résoudre le gaspillage alimentaire avec l'exemple de To Good To Go, par exemple, qui permet de racheter des invendus alimentaires ou d'autres entreprises dans le champ de la solidarité intergénérationnelle du handicap, par exemple", répond Alizée Lozac'hmeur.

L'entrepreunariat social peut bien évidemment dépasser le secteur de l'alimentation. Ces entreprises peuvent travailler pour le maintien à domicile des personnes âgées, dans le prêt-à-porter avec un focus sur les matières recyclées et fabriquées en France, dans l'électroménager réparable. 

Comment devenir un entrepreneur social ?

"Alors quand on a une entreprise comme ça, on peut venir nous voir. On a toute une batterie de programmes et d'accompagnement à destination des entrepreneurs sociaux qui sont au démarrage de leur idée. On va les aider à concrétiser leurs projets ou quand ils sont plus avancés, on va les aider à structurer leurs projets, leurs entreprises et également lever des fonds puisqu'on a un fonds d'investissement et également plein de partenaires capables de financer ces projets". 

L'accompagnement est donc au coeur du projet de MakeSens : l'association accompagne autant des entreprises naissantes qui se tournent essentiellement vers des missions environnementales et sociales, que de grandes entreprises qui souhaitent verdir leurs activités et s'engager à ces mêmes niveaux. L'association propose également d'accompagner les collaborateurs d'entreprises qui souhaitent faire changer leurs sociétés. 

Les entreprises ont besoin de se transformer puisqu'elles sont responsables d'un grand nombre de problématiques environnementales ou sociales.

"La chance qu'on a aujourd'hui, c'est que de plus en plus de gens en ont marre d'être citoyens le soir et le week-end dans leurs associations et simples collaborateurs à la journée. On voit aujourd'hui que ce soit chez les collaborateurs ou chez les étudiants, une volonté de mettre beaucoup plus de sens dans l'entreprise. C'est d'ailleurs le critère qui augmente le plus dans le choix d'une entreprise aujourd'hui. C'est donc ce qu'on va faire, ce qu'on va révéler et former, accompagner les collaborateurs à l'intérieur de l'entreprise pour qu'ils puissent contribuer à monter des projets et à transformer les façons de faire". 

Un écosystème d'entreprises qui a changé

Aujourd'hui, explique la co-fondatrice de l'association, il est nécessaire d'aller chercher les collaborateurs des entreprises mais aussi de se tourner vers les dirigeants eux-mêmes, voire les actionnaires, pour changer les fondements même des entreprises pour que les solutions deviennent plus concrètes : "On a un vrai changement de mentalité qui s'opère aujourd'hui et il y a un besoin de passer la vitesse supérieure pour faire d'une minorité d'exemple à une majorité dans les entreprises". 

Mais peut-on parler de pertes de bénéfices pour les entreprises qui font de tels changements ? "Je suis pas sûre que l'on doive parler de pertes de bénéfices. Simplement, c'est une répartition différente de la valeur créée. Si on parle uniquement des dividendes versés aux actionnaires, très certainement. Mais il va falloir revoir la façon dont cette valeur est distribuée. Mais aujourd'hui, on a plein d'exemples d'entreprises qui réussissent à croître sur d'autres modèles économiques, voire des entreprises qui étaient en perte de vitesse et qui, par le développement de nouvelles façons de produire de nouvelles offres plus responsables, ont un regain d'énergie".

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