c'est le dixième anniversaire de la départementalisation de Mayotte : Laurent Canavate, directeur de "Mayotte Hebdo" et correspondant du Monde, est notre invité de 6h20.

Il y a 10 ans, Mayotte devenait le 101 département français. C'est aujourd'hui encore le plus pauvre de France. Trois quarts des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, un tiers n'ont pas l'eau courante, et l'île, avec ses 280.000 habitants a été durement touchée par l'épidémie de Covid depuis un an. 

Pourtant les restaurants ont rouvert ce week-end : "Depuis samedi, ça va mieux, on est passé de confiné avec couvre feu avec pratiquement tout ouvert, la vie reprend quasiment normalement" raconte Laurent Canavate, directeur de "Mayotte Hebdo".

Est-ce que cette épidémie est aussi le marqueur ou le révélateur des inégalités qui frappent Mayotte ? "On s'aperçoit que les gens ne pouvaient pas être confinés, parce qu'ils n'avaient pas de maison ; pour l'activité économique, une grande partie est non officielle, ils ne peuvent donc pas bénéficier des aides : ça a mis en lumière ces problèmes là".

Avant la départementalisation, il y avait eu des changements assez massifs, et "ensuite des structures ce sont mises en place, comme la prise en charge des handicapés, la santé, le dépistage des cancers : plein de choses n'existaient pas". 

Une économie du tourisme en pleine croissance

"On met en avant le cout que peut représenter les territoires mais à Mayotte, le RSA est pris en charge à hauteur de 50% du niveau de la métropole. Il y a 30 ans, il y avait peu de maisons en dur : signe que les choses changent quand même très vite à Mayotte : il y a pratiquement un collège par an qui sort de terre. Mais il faut dire qu'avant, elle avait été abandonnée, la première école primaire date de 1993". 

Aujourd'hui Mayotte dispose d'atout énorme, affirme Laurent Canavate, avec son lagon gigantesque et sa barrière de corails encore protégée, "mais pour l'instant, il n'y a que 5 à 10 000 touristes par an, c'est une économie qui se développe chaque année de 5 à 7% par an, il y a des atouts très forts". 

Les invités
L'équipe
Contact