Franck Gintrand, délégué de l’Institut des territoires, auteur de "Le jour où les zones commerciales auront dévoré nos villes" (Thierry Souccar éditions) était l'invité de Mathilde Munos.

Franck Gintrand explique que "des villes moyennes sont en passe d’être rayées de la carte. C’est aussi spectaculaire que l’exode rural d’après-guerre". 

Les élus locaux alertent le gouvernement et même les patrons de Monoprix et des Galeries Lafayette souhaitent que des mesures soient prises. 

Aujourd’hui on constate l’extension des zones, pour savoir qui va survivre, en offrant la gamme de commerce la plus complète

C’est une exception française, l’hyper marché est une invention française, pour répondre à l’exode rural. On dispose d'un marché foncier, parmi les moins cher d’Europe. Les centres commerciaux poussent dans les champs. 

Carrefour, en difficulté, n’est pas le reflet du marché. Edouard Leclerc n’a jamais eu autant d’adhérents et de chiffres d’affaires. C'est le reflet de la bonne santé du secteur. 

"Dire non aux grandes surfaces et aux zones commerciales est devenu compliqué depuis 2008. Pour dire non, il faut démontrer que les zones commerciales en projet portent préjudice à l’environnement. Or ce secteur pratique le green washing. Il est interdit d’invoquer le sur-équipement commercial."

L’argument de l’emploi est l’argument massue. Les zones ne sont pas avares de promesses ; un projet en Ile-de-France promet même 17 000 emplois. Mais dans la réalité, les enseignes font des efforts sur les effectifs. 

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Le système de la grande distribution a fait baisser les prix à une époque, mais on atteint aujourd’hui un seuil plancher dans l’alimentaire. 

On peut agir… Il faut une volonté politique. Les élus locaux ne peuvent pas l’avoir, donc ça ne peut se passer qu’au niveau national. Le gouvernement refuse d’agir, en raison de la puissance du lobbying de la grande distribution. C’est le lobby numéro 1

C’est un secteur sur lequel pèse une omerta, des acteurs économiques et politiques ; personne n’ose s’exprimer.

Il faut revenir sur la loi 2008 et revenir sur la fiscalité de construction de zones en plein champs. 

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Ici la zone commerciale de Plan-de-Campagne, près de 500 magasins sur 250 000 m² de surface © AFP / BORIS HORVAT
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