Brut, le média français aux vidéos très populaires sur les réseaux sociaux vient de lever 40 millions de dollars pour son développement aux États-Unis. "Brut a un vrai business model qui fonctionne très bien", se réjouit Guillaume Lacroix, PDG de Brut, invité de France Inter jeudi matin.

La page de Brut sur Facebook compte plus de 3 millions d'abonnés en France.
La page de Brut sur Facebook compte plus de 3 millions d'abonnés en France. © Radio France

C'est un véritable succès : le site français d'information Brut, 100 % vidéo, qui transite par les réseaux sociaux et qui s'adresse aux jeunes, vient de lever 40 millions de dollars aux États-Unis. En trois ans d'existence seulement, Brut s'est installé presque partout dans le monde et donc, notamment, aux USA, "il y a un peu plus d'un an", raconte Guillaume Lacroix, le PDG de l'entreprise média qui a installé une quarantaine de personnes dans son bureau de New York. "En un an, nous sommes devenus la deuxième plus grosse page média américaine sur Facebook", témoigne-t-il, fier de mettre en avant le "business model de Brut qui fonctionne très bien" : "On s'est dit qu'on était prêts pour monétiser notre offre [aux États-Unis], comme on le fait en France et où c'est déjà rentable".

Aujourd'hui, selon Guillaume Lacroix, Brut fait plus d'un milliard de vues par mois et 30 millions de personnes regardent Brut chaque jour à travers le monde. Parmi ces 30 millions de spectateurs, "70 % ont moins de 35 ans", souligne-t-il. Une jeune génération qui s'affranchit des codes classiques de la presse, selon le PDG de Brut : "La conception classique de la séparation publicitaire qui, dans les médias traditionnels est une interruption, et l'éditorial ce n'est pas un sujet très pertinent pour les jeunes générations", juge-t-il, alors que Brut a recours à des partenariats avec des marques ou à de la publicité pour se financer

Nous avons créé une marque média globale qui a la confiance de ses spectateurs

"Les jeunes générations sont intéressées par l'histoire qu'on leur raconte. Si ces histoires sont crédibles, légitimes. C'est la capacité qu'a Brut de raconter des histoires avec des marques, tout en étant aligné avec nos valeurs", assume-t-il. "Régulièrement, on dit 'non' à des marques qui veulent travailler avec nous. On a refusé des laboratoires pharmaceutiques, les énergies fossiles et aux US, on ne travaillerait pas avec les armes à feu, par exemple", détaille Guillaume Lacroix. "Le vrai enjeu est celui de la 'marque média'. Nous avons créé une marque média globale qui a la confiance de ses spectateurs", se targue-t-il, expliquant avoir été classé par le dernier rapport du Reuters Institute comme l'un des médias les plus crédibles en France

Pour autant, Guillaume Lacroix estime qu'on ne peut pas reprocher un manque d'analyse à Brut. "Je pense qu'il est très clair que les gens en ont assez qu'on leur dise quoi penser", estime-t-il, assurant que les spectateurs des vidéos de son média attendent "du contexte sur des sujets d'information" pour qu'ils puissent "s'emparer de ces sujets et démarrer des conversations qui sont intéressante". "Pour faire ça, il faut amener du contexte et de l'analyse", ajoute-t-il. 

"Je me félicite du fait que ça marche et ce dont je suis très fier c'est qu'on est assis sur des valeurs (la responsabilité du pouvoir, les droits des femmes, la lutte conter toutes sortes de discriminations, l'environnement) Il y a trois ans on nous rigolait au nez, aujourd'hui on est au cœur de ce qu'est la société aujourd'hui", conclut Guillaume Lacroix. 

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