Plusieurs projets d'actions violentes menées par des groupes d'ultradroite ou néonazis ont été déjoués ces dernières semaines : Erwan Lecoeur sociologue, spécialiste des mouvements d'extrême droite et chercheur associé au laboratoire PACTE de Sciences Po Grenoble est l'invité de 6h20.

Un autocollant du groupuscule d'extrême droite Génération identitaire en mars 2021.
Un autocollant du groupuscule d'extrême droite Génération identitaire en mars 2021. © AFP / Riccardo Milani

"Ces groupuscules d’extrême droite sont potentiellement dangereux, on l'a oublié ces dernières années car il n'y a plus de violence politique médiatisée et visible" explique sur France Inter le politologue, spécialiste de l’extrême droite Erwan Lecoeur. Ces dernières semaines, des projets d'actions violentes ont été stoppées et des groupuscules dissous ou sont en cours de dissolution. "La mouvance d’extrême droite est celle qui a provoqué le plus de mort". Elle était très violente notamment dans "les années 70 et 80, comme en Italie avec des attentats" ajoute-t-il.

Si ces groupes se sont faits discrets, notamment dans les années 90 et 2000, ils reviennent en force. "Il y a eu un effet Front national qui avait coagulé, mis sous une chape de plomb l'ensemble de ces groupuscules sous prétexte qu'il fallait apparaître raisonnable pour pouvoir travailler dans le domaine électoral" explique Erwan Lecoeur.

"Ce n'est plus le cas aujourd'hui, affirme-t-il, car le Rassemblement national n'a plus de service d'ordre organisé. Marine Le Pen a perdu un certain nombre de soutien dans ces milieux radicaux. Ces gens-là ont repris leur indépendance, avec Génération identitaire par exemple."

Aujourd'hui, on considère qu'il y a 600 groupes actifs potentiellement sur internet. "Mais cela ne veut pas dire qu'il y a 600 groupes de gens d'extrême droite dangereux" précise le politologue.

Les invités
  • Erwan Lecoeursociologue, spécialiste des mouvements d'extrême droite et chercheur associé au laboratoire PACTE de Sciences Po Grenoble
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