Brexit, les pêcheurs français jugent les progrès avec Londres "trop timides": Olivier Le Nézet, président du comité régional des pêches de Bretagne est l'invité de 6h20

Un navire français en "manifestation" près de l'île britannique de Jersey
Un navire français en "manifestation" près de l'île britannique de Jersey © AFP / Sameer Al-DOUMY

Il reste une semaine de négociation entre la France et le Royaume-Uni sur les droits de pêche post-Brexit. Les Européens ont besoin d'une licence pour accéder aux eaux britanniques, mais ces autorisations sont accordées au compte-gouttes. "On n'est pas tout à fait optimiste, on a une certaine angoisse, même si aujourd'hui le gouvernement travaille d'arrache-pied pour faire respecter les accords", selon Olivier Le Nézet, qui juge important que les britanniques respectent l'accord. 

Mais en quoi ne le respectent-ils pas ? "Les antériorités d'accès des navires français, telles qu'elles ont été transmises au Royaume-Uni et à Jersey correspondent tout à fait à leurs activités de pêche", explique le président du comité régional des pêches de Bretagne : en effet, selon les accords, les Européens, pour pouvoir continuer à pêcher, doivent prouver qu'ils le faisaient déjà avant le Brexit, or "il est difficile de pouvoir donner des éléments pour le prouver, même si les pêcheurs ont déjà transmis tous les documents qu'ils pouvaient", ajoute Olivier Le Nézet. Pour l'heure, selon lui, quelques licences ont été attribuées en fin de semaine dernière, mais il reste plus de 70 navires dont les licences n'ont pas été acceptées.

"Les comités de pêche sont unis avec le gouvernement, avec la ministre, et nous ne lâcherons rien". 

Les zones de pêche concernées sont très poissonneuses, mais surtout, "elles sont indispensables à certains types de navires qui n'ont pas la possibilité de se reporter ailleurs", juge Olivier Le Nézet ajoutant que "c'est vital pour eux". "Et même pour les navires remplaçants, il reste des questions, et la commission européenne doit jouer son rôle, elle doit défendre les intérêts des pêcheurs européens", ajoute-t-il. Une dizaine de pays soutiennent l'action de la ministre française Annick Girardin auprès de la Commission européenne, car d'autres pêcheurs européens ont des droits dans cette zone et dans d'autres. 

Le comité national des pêches prévient que des "mouvements d'humeur" pourraient avoir lieu si la querelle se termine mal. "Les pêcheurs ne vont pas rester des semaines à attendre l'application des accords du traité. Ils ne se laisseront pas faire", explique Olivier Le Nézet. 

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