Troubles anxieux et dépressions, les étudiants sont particulièrement touchés par la crise sanitaire : Dominique Monchablon psychiatre, chef du service relais étudiants lycéens, psychiatre à la fondation santé des étudiants de France est l'invitée du 6h20

La peur de tomber malade, alors que la France est touchée par le variant Omicron, pèse-t-elle sur les étudiants aujourd'hui ? "Les étudiants ont les mêmes angoisses que la population générale sur la situation sanitaire, mais elle pèse de manière différente, avec beaucoup plus d'inquiétude de tomber malade au moment des examens que de crainte pour leur vie", explique Dominique Monchablon psychiatre, chef du service relais étudiants lycéens, psychiatre à la fondation santé des étudiants de France. Ils se font aussi, selon elle, du souci pour leurs aînés : "Ils sont soucieux de l'environnement familial, il y a eu pas mal de décès dans les familles". 

"Les étudiants sont particulièrement graves, sérieux, concentrés, cette année. Ils sentent la menace d'une année universitaire qui risque à nouveau d'être invalidée par des fermetures", note la psychiatre. Mais "ces jeunes font alliance avec la science" et restent très soucieux des mesures sanitaires – en tout cas en milieu universitaire. 

"Cette crise sanitaire a été un moment d'accélération de révélation de fragilités pré-existantes, notamment au regard des troubles de l'humeur ou des troubles anxieux", avec également beaucoup de réactivation de traumas de l'enfance ou de l'adolescence "à l'occasion de cette crise sanitaire qui a commencé comme un psychotrauma collectif". "L'incidence des troubles psychologiques est forte, beaucoup plus que chez les jeunes du même âge non étudiants", souligne-t-elle. 

Toutefois, "le Covid a eu un effet positif : déstigmatiser la dépression, les troubles anxieux et aussi la consultation psychologique", car les jeunes n'osaient pas aller frapper à la porte d'un psy. Cela a fait que les jeunes ont osé faire les démarches. "Pour 25% d'entre eux, la crise a été révélatrice de fragilités anxieuses ou dépressives", dit Dominique Monchablon. 

Le chèque psy, qui donne droit à plusieurs séances chez un psychologue, a-t-il aidé ? "C'est une mesure nouvelle, un peu improvisée donc imparfaite, mais très utile, sur une durée très limitée de six entretiens. Nous avons l'habitude de travailler sur des prises en charge très courtes donc très efficaces, mais ça demande une certaine technicité", précise-t-elle. 

  • Légende du visuel principal: Dominique Monchablon dans le studio de France Inter © Radio France /
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