Crise du bois : la menace pèse sur les scieries, faute de matière première. Nicolas Douzain-Didier, délégué général de la Fédération nationale du bois (FNB), est l'invité de Mathilde Munos.

De nombreuses scieries françaises ont peur de mettre la clef sous la porte. Elles n’ont plus de chêne à exploiter car la Chine accapare tout ce bois français ! Elles demandent au gouvernement d’agir en imposant un moratoire sur les exportations.

"Le gouvernement entend notre inquiétude mais est assez désarmé face à cette problématique, comme l'Union Européenne face à ce phénomène qui touche tous ses pays" explique, délégué général de la Fédération nationale du bois.

La Chine a interdit pour 99 ans la récolte de chêne sur son territoire, donc le pays collecte les ressources sur d'autres pays du monde. Mais les États-Unis bloquent leurs exports, et la Russie le fera au 1er janvier 2022 : "L'Europe est la prochaine cible" prévient Nicolas Douzain-Didier.

La filière entière française menacée par la Chine

Le chêne, d'une extrême qualité, et qui nécessite 150 ans pour être exploitable, est une essence très recherchée : "90 % des scieries manquent de bois, et nous avons tiré la sonnette d'alarme". Le travail du chêne est très technique, de nombreuses scieries sont donc spécialisées et c'est ainsi toute la filière, bûcherons, menuisiers, exploitants, qui se trouve menacée. 

"En France, les forêts publiques se sont engagées à ce que la première transformation se fasse dans l'Union européenne, mais pas les forêts privées. La Chine achète toujours plus cher, avec un système organisé par le gouvernement chinois pour aider ses producteurs à prédater les autres pays du monde" précise encore Nicolas Douzain-Didier : "Ce n'est pas seulement la question du prix , mais celle de notre souveraineté : la France ne peut pas s'aligner sur ces prix. On ne comprend pas en 2021 comment on peut tolérer ce genre de pratique". 

"Ne nous trompons pas : ce sont toutes les forêts françaises qui sont menacées. Si les scieries n'ont pas le bois nécessaire, menuisiers, constructeurs seront touchées, cela représente 450 000 emplois, plus que la filière auto, mais on fait partie des invisibles. On dort un peu à Bruxelles sur ce sujet!".

  • Légende du visuel principal: Un bûcheron dans la forêt de Berce, à Pruille-l'Eguille © AFP / JEAN-FRANCOIS MONIER
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