Jean-Michel Blanquer s'apprête à renforcer le contrôle continu : Sophie Venetitay, secrétaire générale ajointe du SNES-FSU, professeur de sciences économiques et sociales, est notre invitée de 6h20.

Encore une modification du bac en préparation : Jean-Michel Blanquer a présenté hier aux syndicats des ajustements à sa réforme. Le ministre de l’Education souhaite renforcer le contrôle continu, mais plusieurs syndicats s'y opposent. 

En résumé, il y aura toujours des épreuves finales, comme les spécialités, la philosophie ou le grand oral, qui compteront pour 60% de la note. En revanche, le ministre veut supprimer les épreuves communes, qu'on a appelées un temps les E3C, sortes de partiels organisés en 1ère et en terminale. Enfin à l'avenir, le contrôle continu  - qui compte pour 40% - ne prendra en compte que les notes du bulletin scolaire, c'est à dire les devoirs, les interros réalisés tout au long de l'année, et ça, notamment pour les matières du tronc commun comme le sport, les langues ou l’histoire-géo.

"Ces annonces ont suscité beaucoup de colère, elles ne vont ni dans l'intérêt des élèves, ni dans celui des enseignants, le contrôle continu est source d'inégalité : on sait des lycées distants de 2kms vont avoir des pratiques différentes de notation" rappelle Sophie Venetitay, secrétaire générale adjointe du SNES-FSU. Elle estime que les professeurs ont "déjà eu un avant-gout des inégalités d'établissements avec ParcoursSup" : "On se souvient tous de ce qu'on a vécu dans les jurys du bac l'an dernier : aucune harmonisation possible car chaque lycée a fabriqué la note dans son coin". 

Course à la notation

"Ça fait deux ans qu'on nous promet un cadrage et on a rien vu venir", déplore aussi cette professeur de sciences économiques et sociales qui regrette que les épreuves de spécialités, "arrivent beaucoup trop tôt : on avait demandé le report à la fin de l'année". 

Cette année on a fait de la notation en continu, ce n'est pas notre coeur de métier : notre coeur de métier, c'est de faire progresser les élèves

"La structure idéale serait des épreuves terminales en fin d'année, mais il faudrait surtout réfléchir sur ces épreuves : commentaires de doc, analyses? Malheureusement aujourd'hui ce point a été balayé par Jean-Michel Blanquer" estime encore Sophie Venetitay. 

Sur le sujet de français posé hier au bac de français, et qui a suscité la colère d'une partie du corps enseignant : "Il faisait référence à un thème de programme étudié en 4e, mais ça montre que le collège et le brevet a été oublié par le ministre dans l'aménagement des examens, avec ce sujet qui correspond à la période la plus marquée par le Covid, ça dénote une forme de mépris". 

  • Légende du visuel principal: Épreuve du bac au lycée Pasteur de Strasbourg, juin 2021 © AFP / FREDERICK FLORIN
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