Télétravail : le nombre de jours minimal obligatoire prendra fin mardi soir, Maya Atig directrice générale de la fédération des banques françaises (FBF) est notre invitée de 6h20

Alors que le télétravail obligatoire prend fin ce mardi, qu'en est-il dans le secteur bancaire ? "Ca ne veut pas dire que tout le monde retourne au bureau : le télétravail est ancré dans les pratiques des sièges des banques – tout ce qui est hors agences – depuis 2015", explique Maya Atig, directrice générale de la Fédération des banques françaises. "Les accords de télétravail préexistants à la crise ont permis aux banques de s'adapter très rapidement, et de monter dans certains cas à 90% de télétravail. Donc la redescente ne va pas passer de 90% à 0%", ajoute-t-elle. 

"Notre secteur est connu surtout à travers ses agences, qui, même en phase de confinement, sont restées ouvertes", selon Maya Atig. Mais dans un secteur qui se dématérialise de plus en plus, cela n'est-il pas une aubaine pour les banques, qui ferment de plus en plus d'agences ? "En réalité, la baisse du nombre d'agences a été beaucoup moins forte en France qu'ailleurs en Europe : la tendance en France, c'est plutôt une adaptation du réseau", conteste la directrice générale de la FBF, qui rappelle que c'est plus dans les sièges sociaux et les centres d'appel, plutôt que dans les agences, que le télétravail a été massivement appliqué. 

Le retour à un télétravail "basé sur le double volontariat"

"On va rester dans une période de transition pendant quelques mois", explique Maya Atig, en raison du protocole sanitaire qui ne permet pas un retour à la normale complet. Ce retour à la normale se fondera sur "un télétravail basé sur le double volontariat, où il faudra que le salarié doit aussi vouloir télétravailler, ce qui n'est pas le cas de tout le monde". Ce futur télétravail sera donc encadré par de nouveaux accords conclus dans les banques, incluant les partenaires sociaux : 

"Le dialogue social, c'est le mot-clé : dès le début, notre profession, avec toutes ses organisations représentatives, a signé une déclaration commune au début du premier confinement pour dire que ce qui était important pour nos métiers, c'est la continuité de service, la sécurité des opérations et la santé des salariés".

Ainsi, "les accords de télétravail qui sont en cours de négociation reposent sur un dialogue constructif avec tous nos syndicats", assure-t-elle. 

"Les crédits à l'investissement restent largement distribués"

Quid des aides aux entreprises, maintenant que le "quoi qu'il en coûte" est terminé ? "Le robinet du crédit est loin d'être fermé en France : on est l'un des pays dans lequel le crédit aux entreprises augmente de la façon la plus dynamique. Les entreprises sont moins demandeuses du prêt garanti par l'État depuis septembre dernier, en revanche les crédits à l'investissement restent très largement distribués", explique Maya Atig. 

"Quasiment tous les secteurs de l'économie bénéficient de ces afflux de crédits", dit-elle. Au total, selon Maya Atig, les prêts garantis par l'État s'élèvent à 145 milliards d'euros, "et il faut doubler ce montant si on veut inclure l'ensemble des crédits à l'investissement depuis cette période". 

  • Légende du visuel principal: Quel va être le statut du télétravail dans les agences bancaires ? © Getty / LukaTDB
Les invités
  • Maya Atigdirectrice générale de la fédération des banques françaises (FBF)
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