Sébastien Chenu, tête de liste RN dans les Hauts-de-France et député de la 19e circonscription du Nord, et Karima Delli, tête de liste de la gauche et des écologistes dans les Hauts-de-France et députée européenne, sont les invités du 6h20.

Karima Delli et Sébastien Chenu
Karima Delli et Sébastien Chenu © AFP / Célia Consolini / Hans Lucas

Après l'abstention record du premier tour, les candidats aux régionales voient-ils une remobilisation en vue du premier tour ? "En réalité, les électeurs du Rassemblement national qui ne s'étaient pas mobilisés au premier tour ont probablement compris qu'ils pouvaient faire changer des choses au second tour", selon Sébastien Chenu, le candidat du RN dans les Hauts-de-France. 

"Les jeunes subissent les problématiques d'insécurité, de chômage, les difficultés à se transporter, la pauvreté, et c'est en expliquant nos propositions sur ces sujets que nous pouvons dire aux jeunes, mais pas seulement, qu'il y a une possibilité de changer les choses en élisant des élus du RN", ajoute-t-il, proposant ainsi que la période d'essai en début de contrat soit prise en charge par la région. 

Le programme du RN met aussi en avant des enjeux de sécurité, qui n'est pourtant pas une compétence de la région : "La première préoccupation des habitants, c'est la sécurité. Il faut être capable de dire que la région agit en termes de sécurité dans les transports, dans les lycées, mais peut aussi ouvrir un chapitre sécurité dans l'aide aux communes", dit Sébastien Chenu. 

"Nous sommes victimes, alors que nous n'avons jamais été aux responsabilités, des trahisons de ceux qui se sont succédés"

"Xavier Bertrand, lui, est très content de cette élection : il est soutenu par En Marche, il avait beau dire non, la réalité c'est qu'il devient le candidat d'Emmanuel Macron. Lui, ça ne le gène pas qu'il y ait beaucoup d'abstention. Son ambition elle n'est pas ici", selon Sébastien Chenu. 

De l'autre côté de l'échiquier politique, Karma Delli est à la tête d'une liste d'union de la gauche : "Dimanche dernier, personne n'a gagné : la grande gagnante, c'est l'abstention. Nous pouvons encore créer la surprise dimanche prochain". Avec quelles voix ? "Le réservoir de nos voix, il est dans les 70% d'abstention : j'appelle à un sursaut, à un réveil, pour que les citoyens et citoyennes des Hauts-de-France passent à autre chose", alors que pendant six ans, la gauche et les écologistes ont été absents du Conseil régional, après le retrait de la liste de gauche pour faire barrage au FN lors des précédentes élections. 

"Tous nos indicateurs sont au rouge aujourd'hui, il est grand temps de les mettre au vert, c'est pour cela que nous avons fait l'union : pour changer la vie des gens"

Selon Karima Delli, "nous avons un vrai projet régional novateur, en rupture avec les deux autres candidats, qui sont d'accord sur plein de choses et ont nationalisé le scrutin sur des enjeux qui n'ont pas de rapport avec les compétences de nos régions. Ils n'ont pas d'ambition pour la région". 

La candidate affirme avoir eu "une belle campagne", mais regrette "que les grandes thématiques que nous aurions dû aborder, comme la précarité, la pauvreté, n'ont pas été assez abordées. Comment voulez-vous que des gens qui n'ont jamais eu de CDI, qui n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois, aient envie d'aller voter ?" dit-elle.

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