Stanislas Guerini, délégué général de la République en Marche, est l'invité du 7/9 de France Inter.

Stanislas Guerini
Stanislas Guerini © AFP / THOMAS COEX / POOL / AFP

Pour lui, le niveau d’abstention lors de ce premier tour est "un fait politique majeur". "Quand il y a 80 % des jeunes qui ne vont pas voter, de tels taux d’abstention, c’est un coup de semonce pour la démocratie. On a eu déjà quelques alertes aux élections précédentes. Les causes sont multiples : avec le contexte qu’on connait, bien sûr que les Français n’avaient pas la tête à ces élections. On sort d’une crise sanitaire importante, on est en train de basculer sur autre chose… Mais il y a des causes beaucoup plus profonde : quand on allait faire campagne, les gens nous parlaient de tout sauf des élections. Force est de constater que ces collectivités dont on connaît mal les compétences, qu’on trouve éloignées du quotidien des gens, intéressent peu. C’est un enjeu démocratique pour nous tous, faut être humble par rapport à ces résultats."

"Ce qu’on voit aujourd’hui, c'est qu’il y a d’une certaine façon deux types d’élections : les élections nationales, qui ont plus fortement mobilisé, et les élections locales. Cet enjeu est largement devant nous, il tient aussi au mode de scrutin mais il n’y a pas une baguette magique, comme le vote sur Internet ou le vote par correspondance, qui règlerait seule ces problèmes démocratiques."

"Dans ce type d’élections, c’est l’implantation existante qui paye"

Comment expliquer que même la présence de ministres n'a pas suffi à convaincre dans les régions ? "Il y a une raison très simple [à l’échec de LREM], l’implantation électorale. Dans ce type d’élections, avec un tel taux d’abstention, c’est l’implantation existante qui paye : on le voit quand il y a des élections partielles. Cette prime au sortant a écrasé l’élection, que le sortant soit de droite ou de gauche."

"Les quatre ministres qui se présentaient aux départementales ont fait de bons scores. Je ne nie pas la déception dans les Hauts-de-France. Les ministres, quand ils sont implantés dans leur canton, gagnent. La question, c’est que nous avons vu des sortants gagner très largement, comme Xavier Bertrand. Nous appelons d’ailleurs à voter pour lui face au Front national."

Est-ce le retour des partis politiques traditionnels ? "À chaque fois, je vois la tentation de réimposer le clivage gauche-droite. Mais les résultats d’hier ne permettent pas de redire ces clivages. C’est plus simple : il y a les partis qui sont déjà implantés, et ceux qui le sont moins. C’est le cas pour la majorité présidentielle. Ça doit nous rappeler qu’il y a un chemin de l’implantation territoriale qui est à parcourir, il est long, laborieux, et il ne se fait pas en une élection."

Les invités
  • Stanislas GuériniDéputé LREM de la 3ème circonscription de Paris, Porte-parole de LREM à l'Assemblée Nationale