Roland Lescure, porte-parole de LREM, président de la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, député des Français établis hors de France (Amérique du Nord), est l'invité de 7h15.

"C’est pas un coup gagnant, il faut reconnaître qu’on est déçus de ces résultats", confesse Roland Lescure. "On les a beaucoup commentés : l’abstention, la prime au sortant qui écrase tout, une défaite du Front national, la troisième de suite. Nous, on n’était pas là il y a six ans, et on a à peu près 300 élus au total aux départementales et aux régionales, mais c’est un ancrage territorial qui prend du temps, qui commence doucement."

Pour lui, "les Françaises et les Français qui ont voté (ils n’étaient pas nombreux) ont voté localement, ils ont réélu les sortants donc il faut reconnaître qu’ils ont plutôt bien fait le boulot dans cette crise sanitaire. Pour nous dès aujourd’hui, l’enjeu est d’abord cette crise sanitaire, les vaccins, les gestes barrières, et surtout la relance économique et sociale. Si on veut convaincre les Françaises et les Français, les réconcilier avec l’action politique, il faut être dans l’action et avoir des résultats."

"Un Français sur trois n’a pas voté"

Désormais, il parie qu’Emmanuel Macron "va surtout se projeter dans cette crise et dans l’après-crise qu’il faut commencer à dessiner. Clairement, il y a des échéances nationales qui arrivent d’ici huit mois, et ces échéances ne doivent pas nous empêcher d’être à l’action. On est, je l’espère, à la fin d’une crise sanitaire historique, on sort aussi d’une récession historique, le président sera dans l’action et c’est ce qu’il va évoquer. Il devrait également évoquer le défi de la participation, on a une abstention historique, un Français sur trois qui n’a pas voté : on peut corriger ça un peu en rénovant notre démocratie, mais ça ne suffira pas. Sur l’action et les résultats qui vont avec, on doit vraiment mettre le paquet."

Que répond-il au président du Sénat qui accuse LREM d'avoir "fractionné la démocratie" ? "Gérard Larcher a aussi une responsabilité. Nous, on a été élus en disant qu’il fallait réduire le nombre de parlementaires et mettre une dose de proportionnelle : si on n’a pas réussi à mettre ça en œuvre, c’est parce que le Sénat s’y est opposé. On va faire face à nos responsabilités, j’espère que tous les hommes et les femmes politiques vont en faire autant, y compris le Sénat qui a fait preuve de conservatisme depuis 4 ans sur toutes les réformes institutionnelles, qui doivent en partie nous aider à rénover la démocratie."

"Il y a deux paysages politiques : le national et le local"

"Il est trop tard pour faire la rénovation des institutions dont nous avons besoin. Je suis convaincu qu’il y a 30 % de parlementaires en trop, à l’Assemblée et au Sénat. Ce sera sans doute un des débats des échéances nationales qui viennent : j’espère que nous aurons des propositions fortes pour rénover la démocratie, et que le débat de la présidentielle et des législatives se fera aussi autour de ça."

"Localement, c’est clair que la gauche et la droite bougent encore", reconnaît Roland Lescure. "On a l’impression qu’il y a deux paysages politiques : le national, avec le vrai coup de tonnerre d’il y a quatre ans qui vibre encore, et le local qui continue à vivre dans le “monde d’avant”. Les Français ont voté pour celui ou celle qu’ils connaissaient : c’est pas la droite qui gagne, ni la gauche, ce sont les sortants qui l’emportent."

  • Légende du visuel principal: Roland Lescure © AFP / Ludovic MARIN / AFP
Les invités
  • Roland LescureDéputé LREM des Françaises et Français d'Amérique du Nord, président de la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale