Valérie Rabault, Députée de Tarn-et-Garonne, Présidente du groupe Nouvelle Gauche à l'assemblée nationale, est l'invitée de 7h50.

Mardi, l'Assemblée nationale a rejeté deux motions de censure contre le gouvernement. L'une des deux était déposée conjointement par les députés du PS, du PCF et de la France Insoumise. "C'est une démarche qui a été engagée en réaction à la motion de la droite, explique Valérie Rabault. On s'est demandés si dans le fond on ne pouvait pas se mettre d'accord sur une motion de gauche. Mais c'est un one-shot, une première, mais il ne faut pas tirer de conclusions particulières à ce stade". 

"Le PS ne s'est jamais défini ni par rapport à Emmanuel Macron ni par rapport à Jean-Luc Mélenchon". 

Pourquoi avoir déposé ces motions de censure, tout en sachant qu'elles seront rejetées ? "Elles avaient comme objectif de dénoncer le verrouillage et le blocage de la commission d’enquête à l'Assemblée (...) Il y a une dérive individuelle, mais si elle avait été bien gérée il n’y aurait pas eu d’affaire Benalla. Mais elle reflète aussi l’enfermement de l’Elysée qui a tendance à exercer un pouvoir de manière très solitaire, et ce n’est pas souhaitable". 

Valérie Rabault salue par ailleurs le travail du Sénat : "_Le Sénat sauve l’honneur du parlement : au Sénat la commission fonctionne bien_, les sénateurs sont en capacité d’auditionner qui ils veulent, ils n’ont pas à aller chercher la liste des personnes à interroger à l’Elysée".

Alors que l'examen de la réforme constitutionnelle est reportée à septembre, la députée dénonce une réforme qui "veut nous diminuer nos prérogatives". Même si les députés socialistes ont voté une partie des mesures du texte, comme la réforme du Conseil supérieur de la magistrature, "une réforme s’apprécie dans son esprit global, et cet esprit c’est une réduction des pouvoirs du Parlement. On irait encore plus loin dans la diminution des pouvoirs du Parlement".

Spécialiste des questions budgétaires, Valérie Rabault explique que selon elle dans le budget 2019, le gouvernement n'a pas raison de vouloir baisser les dépenses, et qu'il s'y prend mal. "Le gouvernement n’arrive pas à boucler son budget 2019. D’abord parce qu’il a supprimé un certain nombre d’impôts, comme l’ISF, et ensuite parce la croissance et moindre que ce qu’il avait anticipé. Pour arriver à boucler le budget, comme il a moins de recettes, il doit diminuer les dépenses. Le gouvernement n’a pas voulu sortir le rapport Cap 2022, il a fuité grâce aux syndicats. On est face à une situation où il n’apprécie pas à sa juste mesure certains de ses services publics". 

"Nous avons toujours été favorables à réduire le déficit. Mais cela se fait en mettant en équilibre les recettes et les dépenses. Le gouvernement a supprimé des impôts alors que son équation budgétaire n’était pas résolue".

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Valérie Rabault © AFP
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