Que racontent nos options et choix de vacances de l'état de la société française ? Dans sa dernière étude pour la Fondation Jean-Jaurès et l'Unat, le sondeur et directeur du département Opinions de l'IFOP souligne à quel point certains départs sont révélateurs socialement. Il est l'invité de Pierre Weill à 7h50.

"Les vacances sont très liées à la position sociale des individus" confirme Jérôme Fourquet, qui explique : "On a encore une vision très traditionnelle des vacances chez les ouvriers : recharger les batteries, se reposer. Tandis que chez les cadres, c'est une vision plus moderne, comme s'ouvrir à d'autres horizons".   

Dans notre société, ne pas partir en vacances est un signe de déclassement douloureusement ressenti

"40% de la population ont renoncé aux vacances pour des raisons financières, ces cinq dernières années" poursuit le sondeur, qui traduit les chiffres : "Les gens qui se sentent le plus proches des 'gilets jaunes' sont ceux qui ont le plus renoncé à partir en vacances ces dernières années".

Et d'expliquer les raisons pour lesquelles "une partie de la population va rester à quai" : "Une partie des équipements, comme les campings 1 ou 2 étoiles, sont montés en gamme (...) Le ticket d'entrée est devenu plus cher", avec, par exemple, un développement des mobil-homes plus nombreux dans "l'hôtellerie de plein air", nouvelle appellation édifiante pour ce qui reste des campings, qui visent désormais une population de cadres. Sans compter les transports, devenus eux aussi plus cher. Jérôme Fourquet donne par exemple le prix d'un trajet en TGV : "1 Paris-Vannes pour une famille avec deux enfants, c'est quand même 400 euros".

  • Légende du visuel principal: Le sondeur Jérôme Fourquet, à Paris, en mars 2019 © AFP / Martin Bureau
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