Jean Viard , sociologue, réagit aux voeux qu'Emmanuel Macron a adressé aux Français pour la nouvelle année 2018.

Le sociologue Jean Viard
Le sociologue Jean Viard © Maxppp / Jérémie FULLERINGER

Jean Viard , sociologue et auteur de « Chronique française, de Mitterrand à Macron » (Ed. de l’Aube) est l'invité de Carine Bécard à 7h50.

A propos des voeux présidentiels, les premiers du mandat d'Emmanuel Macron, il revient sur l'appel lancé par le président à ses citoyens, pour se demander ce qu'ils peuvent faire pour le pays : "[Avec cette phrase], il a repris Kennedy, c'était l'objectif premier (...) Depuis longtemps, on a essayé de se protéger des coups qui nous arrivaient, mais Macron a essayé de dire 'essayez d'aller de l'avant, bougez-vous'".

Je crois que c'est un remarquable tacticien, il a d'abord fait un programme avant d'être élu

"Son problème, c'est a la fois de rassembler et d'aller vers des élections locales en 2020", poursuit le sociologue, qui analyse aussi : "Au fond le problème, aujourd'hui, c'est comment contrôler les chômeurs et [avoir en même temps] un travail d'empathie à l'égard des plus fragiles".

Macron doit travailler l'empathie populaire

"J'ai soutenu Macron parce que le populisme est en train de gagner partout", explique Jean Viard :  "On a besoin d'un chef d'état puissant dans cette période mondiale dangereuse", mais pour lui "Macron n'est pas une solution définitive, mais un pari, pour reconstruire l'Europe dans un axe franco-allemand".

Et sur la question du "tri des immigrés"? Le sociologue se fait violence : "A priori, je suis d'accord (...) Il y a 3 enjeux différents [dans cette crise migratoire]  : accueillir les réfugiés, empêcher l'extrême-droite de gagner - et pour ça il faut réfléchir à qui doit venir ou pas - et en plus ceux qui viennent sont les meilleurs des pays réfugiés, quand le sud doit pourtant garder ses meilleurs"

C'est brutal, ça me choque aussi, mais j'irais jusqu'au bout pour soutenir cette politique 

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