La comédienne qui a fait son entrée à la Comédie Française est à l'affiche du film Réparer les vivants adapté du livre de Maylis de Kerangal. Elle est l'invité d'Alexandra Bensaid.

Dominique Blanc
Dominique Blanc © Maxppp / Nathalie Saint-Affre

La comédienne qui a fait son entrée à la Comédie Française est à l'affiche du film Réparer les vivants adapté du livre de Maylis de Kerangal. Elle est l'invité d'Alexandra Bensaid.

Dans ce film, son personnage de cardiologue murmure au coeur qu’elle transplante “Allez mon gars, faut se secouer”. “J’ai assisté à une opération à la Pitié-Salpétrière : je me suis retrouvée au bloc opératoire, c’était extrêmement fort et très impressionnant. L’un des deux chirurgiens aurait pu murmurer ces mots-là”, raconte-t-elle.

“Le plus fascinant, c’est l’extrême concentration”, explique la comédienne. “L’opération a commencé très tôt le matin, elle a duré jusqu’à 14h, vous imaginez l’effort physique et intellectuel de toute l’équipe qui est au-dessus de ce coeur ?” Dominique Blanc affirme admirer leur concentration, mais aussi leur capacité à “plaisanter, jamais trop, jamais trop longtemps, mais probablement nécessaire pour que l’opération puisse durer jusqu’au début d’après-midi”.

Le goût de l’Humain

Comment trouver le ton exact du médecin, dans ce rôle difficile ? “J’ai surtout beaucoup écouté, répond Dominique Blanc. La cardiologue doit avant tout écouter. Une femme médecin m’a dit à quel point c’était éprouvant d’annoncer à des familles des bonnes nouvelles ou des moins bonnes”.

Fille de médecin, femme de service à l’hôpital pendant ses études, Dominique Blanc perçoit dans le milieu médical “un goût de l’Humain qui est évident. Quand j’ai été femme de service, c’était avec des nouveaux-nés. Moi je faisais le ménage, mais il y avait aussi un goût de l’Humain extraordinaire. Et nous avons été accueillis, avec l’équipe du film, de façon merveilleuse à la Pitié-Salpêtrière”.

“Le Collectif, avec une majuscule, c’est notre voie d’espérance à tous : la période est difficile, on a tous énormément de difficultés au quotidien, et le sens de la solidarité, et encore une fois le goût de l’Humain, c’est ce qui peut nous donner le courage d’avancer”.

Avant de tourner dans ce film devant la caméra de Katell Quillévéré, Dominique Blanc reconnaît avoir dans un premier temps pensé adapter elle-même le livre de Maylis de Kerangal : “Quand j’ai lu ce roman, d’un seul souffle, parce qu’il est tellement palpitant que je n’ai pas pu m’arrêter, ça a été le coup de foudre immédiat, je me suis dit que j’allais le réaliser. Et j’ignorais tout à fait que 99% du cinéma français avait eu la même idée que moi et postulait auprès de Maylis de Kerangal pour adapter l’histoire de ce livre”.

Le regard d’une cinéaste

Le roman n’est pas facile à adapter, mais “cette adaptation est très réussie”, assure la comédienne, “car c’est le regard d’une cinéaste”.

“Je pense que Katell Quillévéré est une très grande cinéaste malgré son jeune âge, parce qu’elle sait diriger les comédiens, mais aussi parce qu’elle a un point de vue sur le cinéma”.

“Et si Maylis de Kerangal aime le film, c’est bien qu’elle a eu le sentiment de n’avoir jamais été trahie, qu’elle y retrouve l’essence du livre, et en même temps quelque chose de complètement différent mais qui est si fidèle”, conclut Dominique Blanc.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.