La secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Economie et des Finances est l'invitée d'Alexandra Bensaid.

Agnès Pannier-Runacher suit l'industrie au ministère de l'Economie et des Finances depuis le dernier remaniement. "On a voulu marquer cette présence de manière plus forte" que dans le précédent gouvernement, explique-t-elle. "C'est pour ces raisons que dans mon cabinet j'ai le conseiller industrie de Bercy", explique-t-elle. 

Sur l'épineux dossier Ascoval, qu'Emmanuel Macron suit de près assure-t-elle, "depuis dix mois nous travaillons d'arrache-pied" avec les principaux clients de l'aciérie, pour obtenir des commandes "qui permettent à l'aciérie de vivre douze mois de plus et donner du temps à la négociation. Et on a une offre sur la table, celle d'Ascoval (...) : on a une solution qui peut tenir al route, mais il faut qu'on travaille le carnet de commandes et le plan de financement. Donc cela fait encore beaucoup de travail". 

Pourquoi, alors, ne pas nationaliser ? "Les gens qui nous proposent de faire un chèque pour sauver une usine sont bien gentils, mais le sujet  de l'usine ce n’est pas l’aumône, c’est de les mettre au travail sur des sujets où ils sont bons. Sur l'acier à haute valeur ajoutée, on sait que cette aciérie peut être compétitive sur ce secteur, il faut aller chercher plein de petits volumes pour charger l’aciérie". 

"On va se donner quatre semaines pour consolider le plan commercial et le plan de financement", explique-t-elle. "La position que j'ai eue sur ce dossier c'est de dire que soit le projet de reprise vole et dans ce cas il faut aller jusqu’au bout, soit il ne vole pas et dans ce cas il faut le dire aux salariés et avoir le traitement social le plus adapté, et les reclasser. On est dans un bassin d’emploi, le Valenciennois, qui est en croissance en termes d’emplois". 

Après le rachat d'Alstom par General Electric, y a-t-il des risques de plans sociaux ? "General Electric a signé un accord en 2014 qui a permis à la France de créer des emplois jusqu’en juin dernier, il n’y a eu aucune suppression d’emploi. L’accord prend fin fin 2018, on suit l’affaire de très près avec le nouveau patron de General Electric, Bruno Le Maire l’a reçu il y a quelques jours (...) Ils ont créé 400 emplois, et par le jeu des mouvements naturels ils sont revenus à zéro : ils vont devoir investir 50 millions d’euros pour développer en marge de leurs sites des activités nouvelles". 

Quel est le climat, selon la secrétaire d'Etat, dans l'industrie ? Elle se montre optimiste, affirmant que "le nombre de sites industriels augmente, comme l'investissement industriel et les exportations". 

"On ne voit que les dossiers qui perdent des emplois, on ne voit pas ce qui fonctionne. En 2017, pour la première fois depuis 10 ans, on a recréé de l'emploi manufacturier, on continue sur cette tendance en 2018".

Egalement en charge du pouvoir d'achat, elle déclare aux Français que le gouvernement "a tout fait pour que le travail paie mieux, et aujourd'hui on en voit le résultat sur la feuille de paie". Sur la fiscalité des énergies fossiles, elle affirme : "On assume nos responsabilités, dès lors qu'on considère que le réchauffement climatique est un problème sérieux". Elle confirme donc qu'en janvier les taxes sur le gaz augmenteront comme prévu. 

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Agnès Pannier-Runacher © AFP / ERIC PIERMONT
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