Le réalisateur et acteur est l'invité d'Alexandra Bensaid pour le film "La belle époque", en salles mercredi prochain, avec Doria Tillier, Fanny Ardant, Daniel Auteuil et Guillaume Canet.

Dans le film "La Belle époque" qui sort en salles mercredi, le personnage incarné par Daniel Auteuil cherche à revivre un épisode de son passé, pour faire durer la passion de son couple. "Le personnage de Victor, qu'incarne Daniel Auteuil, est paumé, comme beaucoup de "Victor" autour de moi - pas seulement mes parents, j'en croise plein. J'avais envie de réenchanter ce couple en le ramenant dans le passé pour lui faire prendre goût au présent, mais en lui redonnant dans le coeur des injections de désir renouvelé", raconte le réalisateur du film, Nicolas Bedos.

L'un des rôles principaux féminins du film est incarné par Doria Tillier, qui jouait déjà dans son premier film. "C'est quelqu'un d'extrêmement intelligent, qui me conseille, c'est ma première lectrice. C'est quelqu'un dont l'avis compte", dit-il, affirmant ne pas connaître "beaucoup de personnes avec qui je partage sur autant de sujets un avis commun". Il affirme par ailleurs que la comédienne est devenue pour lui "la femme", au sens où "je lui propose des postiches, des couleurs, des caractères différents, pour lui faire faire des choses qui l'excitent à chaque fois davantage".

Le film montre-t-il une forme d'adolescence ? Oui, répond le cinéaste, qui dit associer ce concept aux années 70, une période qu'il n'a pas connue mais qu'il associe, "à travers les récits que j'en ai eus, à cette profusion, cette liberté, ces débats, ce féminisme balbutiant et joyeux, ces excès sexuels, psychotropes, etc."

Daniel Auteuil, dans le film, ne veut pas revenir en 1973 comme un vieux réac, il veut retourner dans une époque qui est selon lui beaucoup plus rock n'roll et beaucoup plus transgressive

"Le monde dans lequel on vit là, dans lequel un cinéaste va s'excuser de ses infidélités sur les chaînes info, n'est pas vraiment "cool"", ajoute Nicolas Bedos.

Le film est-il passéiste pour autant ? Nicolas Bedos assure que non : "Fanny Ardant me rappelle que les années 70, c'était un cendrier géant, les femmes pouvaient se faire violer en toute impunité et c'était la croix et la bannière pour se faire avorter. Le film ne fait pas du tout l'apologie du passé : il dit que le cerveau est une machine extraordinaire, qui peut fonctionner par le biais de la mémoire, par le biais du théâtre".

  • Légende du visuel principal: Nicolas Bedos © AFP / Tiziana FABI
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