Le ministre-conseiller de l'ambassade de Russie en France dénonce la décision de l'administration américaine, qui "s'inscrit dans la logique de la guerre froide"

Vue partielle prise à Paris en 2004 de l'ambassade de Russie
Vue partielle prise à Paris en 2004 de l'ambassade de Russie © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

"La dernière décision de l'administration américaine s'inscrit dans la logique de la guerre froide" : le ministre-conseiller de l'ambassade de Russie en France, Artem Studennikov, dénonce le renvoi par Barack Obama de 35 diplomates russes, qui ont quitté dimanche le territoire américain. Pour lui, la Russie n'a revanche "aucune intention de mener les choses vers cette guerre froide", et assure que son pays est ouvert à la coopération avec les Etats-Unis et la Russie.

"Nous demandons aux Américains des preuves"

Sur le fond de l'affaire, c'est-à-dire les accusations de piratage et d'ingérence dans la campagne présidentielle américaine, Artem Studennikov explique que "nous demandons aux Américains des preuves, de nous dire pourquoi ils ont cette vision des choses". Alors que l'Allemagne s'inquiète que la Russie agisse pour faire perdre Angela Merkel aux prochaines législatives, Artem Studennikov affirme : "le sujet de la cyberguerre devient très important pour les Américains et les Allemands, pour moi ce sont des foutaises".

La Russie fait office de bouc-émissaire pour des pays qui refusent de voir leurs problèmes, explique le conseiller russe : "Les gens qui nous accusent ne veulent pas comprendre les racines de leurs propres problèmes, ils cherchent un ennemi extérieur", assure-t-il.

"Trump reste un inconnu pour tout le monde"

A vingt jours de l'investiture de Donald Trump aux Etats-Unis, la Russie s'apprête-t-elle à avoir pour la première fois un ami à la Maison-Blanche ? Ce n'est pas si simple pour Artem Studennikov : "Personne ne sait : Trump reste un inconnu pour tout le monde. Nous ne pouvons qu'analyser ses propos (...) : oui, certaines de ses déclarations nous donnent l'espoir que les realtions russo-américaines soient plus positives qu'aujourd'hui. Mais nous restons prudents : il est entouré par des conseillers, il est représentant du parti républicain où il y a des gens plus que critiques envers la Russie", explique-t-il.

Assiste-t-on à la naissance d'un nouvel axe Erdogan-Poutine ? "Les acteurs régionaux et la Russie peuvent jouer un rôle très positif dans la normalisation de la situation en Syrie", explique Artem Studennikov qui précise la présence de l'Iran dans cet accord également. "Palmyre sera libéré, par les Syriens mais avec notre soutien", ajoute-t-il.

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