L'écrivain Emmanuel Carrère, auteur de "Yoga" chez P.O.L, était l'invité de Léa Salamé. Il parle d'une "double punition", en évoquant la fermeture des librairies et des rayons livres des grandes surfaces.

Si Emmanuel Carrère dit qu'il "comprend" la décision du gouvernement de fermer les librairies, il la trouve "dommage malgré tout". L'écrivain était l'invité de Léa Salamé ce lundi sur France Inter. "C’est terrible cette question des commerces essentiels, estime-t-il, et d’une façon générale de ce qui est essentiel et de ce qui ne l’est pas. Si on arrive à se demander qui est essentiel dans la société et qui ne l’est pas..." Quand à la fermeture en plus des rayons livres des grandes surfaces, "c’est la double punition."

"On sentait ça aussi pendant le confinement, les choses s’étaient un peu renversées. Les gens à qui on ne prêtait pas énormément d’attention dans la société, on s’aperçoit tout à coup que ce sont eux les vrais essentiels", poursuit-il : "Par conséquent, un tas d’autres qu’on croyait si importants ne sont pas aussi essentiels que ça. Il y a un truc très angoissant dans cette catégorisation de l’essentiel."

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Les librairies, "un lieu de lien social"

La librairie, c'est "l’endroit où on trouve de la lecture", explique-t-il : "Le 'click and collect' ne suffit pas. C’est quand même un endroit où on va trouver ce qu’on ne cherchait pas nécessairement. Cette chose, toute simple : la table de librairie, où vous sont proposées des choses que vous n’aviez pas nécessairement l’idée de lire… C’est vraiment un lieu de lien social."

L'auteur de "Yoga" estime aussi qu' "on peut sécuriser relativement les librairies. J’ai fait une tournée des librairies à l’automne. J’ai dû aller dans une bonne quinzaine de librairies : les libraires sont extrêmement scrupuleux, tatillons."

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

La Belgique a elle décidé de maintenir ses librairies ouvertes, qu'on pense-t-il ? "Je pense que nos gouvernants devraient s’en inspirer. Que les gens aient besoin dans cette période de lire, c’est une bonne nouvelle et on le comprend un peu."

Le deuxième confinement ? "On rendre dans cette espèce d'habitude sinistre"

Emmanuel Carrère fait aussi une distinction entre le premier et le deuxième confinement : "J’ai l’impression que c’est quelque chose qu’on a raconté plus facilement lors du premier confinement. Le premier, c’était quelque chose de tellement sidérant, de jamais arrivé que malgré tout, ça avait quelque chose d’intéressant. C’était quelque chose de tellement énorme."

"Le deuxième, ce qui est terrible, c’est qu’on rentre dans cette espèce d’habitude sinistre. On ne sait pas très bien quoi en faire. On se dit qu'il va y en avoir d’autres."

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

  • Légende du visuel principal: Emmanuel Carrère © AFP / Jan Haas
Les invités
L'équipe
Contact