Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo, est l'invité de Léa Salamé.

Richard Malka essaie de résumer son sentiment, à quelques heures de l'ouverture du procès des attentats de janvier 2015, qui a coûté la vie à plusieurs membres de l'équipe du journal Charlie Hebdo : "Après plusieurs mois d'attente et de report, il y a un soulagement (...) Je ne sais pas tellement sur quel banc j'ai envie de m'assoir, sur le banc de mes confrères ou de mes amis (...) C'est important,ce qui est en cause c'est la transmission de ces valeurs républicaines. On a, au fond, essayé de tuer la liberté. De cela, il faut témoigner, qu'il y ait une trace pour l'Histoire".

"Cette liberté d'expression est menacée aujourd'hui, et pas moins qu'il y a 5 ans"

Pour l'avocat, la liberté d'expression doit être plus que jamais protégée : "Je pense que la liberté finit toujours par l'emporter, à terme (...) Provisoirement, l'état d'esprit des terroristes a gagné. Dans les universités, on ne plus parler librement, on brûle des livres, je ne parle même pas de la jeune Mila, il y a une peur, une régression massive de la liberté d'expression."

"Bizarrement la censure a muté, elle ne vient plus de l'état, de la justice, elle vient de nous même"

"Respecter les croyances, empêcher de les critiquer, c'est abandonner l'esprit critique" rappelle encore l'avocat, qui estime que "dans une vie démocratique, pour vivre ensemble, il faut accepter d'être heurté". Pour Richard Malka, cette fois ,"la censure a migré à gauche" : "Il y a une philosophie des minorités, de cette espèce d'idéologie victimaire. on a beaucoup parlé de Madame Obono ces derniers temps, Madame Obono avait les yeux secs devant les morts de Charlie Hebdo."

"Monsieur Mélenchon, qui n'avait pas assez de trémolos dans la voix aux obsèques de Charb', est en même temps 'Obono' : je ne sais pas comment on fait. Voilà les amalgames que nous combattons, ce cynisme politique qui nous a fait tant de mal"

Richard Malka réagit également à la question d'un sondage qui révèle que les jeunes, aujourd'hui, ne condamne pas forcément les attentats de janvier 2015 : "J'y voie l'échec de la transmission des valeurs républicaines. L'éducation nationale a une importante responsabilité, il y a un problème universitaire dans ce pays".

  • Légende du visuel principal: Richard Malka © AFP / Joël SAGET / AFP
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  • Richard MalkaAvocat au barreau de Paris, spécialisé dans le droit de la presse et scénariste de bandes dessinées
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