Yvon Le Maho, écophysiologiste français, directeur de recherche au CNRS à l'université de Strasbourg est l'invité de 7h50.

Yvon Le Maho est spécialiste des manchots
Yvon Le Maho est spécialiste des manchots © Maxppp / PhotoPQR / L'Est Républicain

Pourquoi est-il nécessaire, aujourd'hui, de réintroduire des ours dans les Pyrénées ? Selon Yvon Le Maho, écophysiologiste français et directeur de recherche au CNRS, "c'est vraiment une priorité" dont l'importance a été soulignée en 2012 par une expertise du Museum : "Il y a deux ours mâles dans les Pyrénées Atlantiques : si on ne veut pas se retrouver dans une situation de mort programmée de cette population, il faut absolument réintroduire des femelles"

"On avait demandé l'introduction d'un nombre supérieur d'ourses, y compris dans la partie orientale des Pyrénées, parce que cette population n'est pas viable en raison de sa consanguinité", explique-t-il par ailleurs. Les ours introduits seront, comme les précédents, venus de Slovénie en raison de leur proximité génétique avec les ours pyrénéens, et le lieu est choisi en collaboration avec les responsables de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), "qui sont les mieux placés pour indiquer les lieux les plus favorables". 

"Il s'agit de renforcer la population existante : on ne peut pas dire aux Africains "défendez vos derniers gorilles", et nous, laisser disparaître des populations existantes". 

L'effort est concentré sur les Pyrénées, pour ne pas "disperser l'effort", explique le scientifique, qui comprend les inquiétudes des éleveurs des Pyrénées. Il répond : "Je connais suffisamment Nicolas Hulot pour savoir que l’une de ses préoccupations est de développer le pastoralisme. Ça fait un tout, avec cette volonté actuelle de revenir à une nourriture plus saine. Il y a une stratégie d’ensemble". Il avance cependant que 76% des habitants des Pyrénées-Atlantiques sont favorables à la réintroduction des ours. 

Va-t-il falloir réintroduire d'autres espèces ? "_Il ne faut pas se retrouver dans la situation où on doit intervenir. La perte de biodiversité est inquiétante : les oiseaux communs diminuent, les pollinisateurs aussi_, il ne faut pas attendre, c’est maintenant qu’il faut intervenir". Il cite, en exemple, le grand hamster en Alsace : "Ca va un peu mieux, et on comprend mieux les raisons de sa disparition, liées à l’agriculture intensive. Il est un révélateur de la déterioration de l’environnement".  

Les invités
L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.