La sécheresse des sols est un phénomène inquiétant qui s'observe depuis plusieurs années. Chaque été caniculaire semble aggraver la situation. Michèle Rousseau, présidente du Bureau de recherches géologiques et minières explique la situation.

Vue aérienne durant la canicule de juin dernier
Vue aérienne durant la canicule de juin dernier © AFP / Guillaume Souvent

Cet été caniculaire a plusieurs visages. Celui de l'urgence climatique, forestière, biologique et désormais hydrologique. Cette année, presque 54 % des nappes phréatiques en France ont atteint un niveau considéré comme "dangereusement bas."

Michèle Rousseau est la présidente du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Cet établissement public spécialisé dans la gestion des ressources et des risques du sol et sous-sol a enregistré une baisse historique des réserves d'eaux souterraines françaises. La présidente explique la situation.

Le "jour zéro"

Ce nom désigne le jour où plus aucune goutte d'eau ne coulera du robinet et où l'armée devra prendre en charge la distribution de cette ressource. Il y est fait mention lorsque Le Cap, en février 2018, se retrouve en état de catastrophe naturelle. Ce sont alors 4,5 millions d'habitants qui risquent alors de se faire couper l'eau. "Les nappes souterraines représentent tout de même 68% de l’alimentation en eau potable", rappelle Michèle Rousseau.

En France, plusieurs villes ont connu ce risque, notamment Belfort en 2018 et Niort cette année. Cet été, 82 départements connaissent des restrictions d'eau ! La France n'est pourtant pas en manque d'eau, contrairement à de nombreux pays du Maghreb, du Moyen-Orient et d'Asie de l'Est. Les raisons de ces sécheresses sont ailleurs.

Pluie et fuites

Le vrai problème réside d'abord dans l'absence de pluies. Il n'a quasiment pas plu entre septembre et février. Ces périodes pluvieuses sont pourtant essentielles pour permettre aux nappes phréatiques de se recharger. "Toutes les nappes [phréatiques] sont alimentées par les pluies hivernales. Une pluie en été n'alimentera pas les nappes."

De plus, de nombreuses pertes d'eau sont enregistrés chaque année. Qu'il s'agisse de fuites non-colmatées ou d'eaux usées non traités, ce sont autant d'éléments non-négligeables dans la consommation actuelle de l'eau en France. Leur amélioration peut permettre de stabiliser la consommation d'eau en France et anticiper les prochaines sécheresses.

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  • Michèle RousseauPrésidente du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM)
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