Mathieu Larnaudie, écrivain, est l'invité de Léa Salamé à 7h50.

Dans son livre "Les jeunes gens" (éd. Grasset), l'auteur nous raconte la prise de pouvoir de la promotion Senghor de l'ENA (2002). Comment Emmanuel Macron et ses camarades se sont-ils imposés dans toutes les institutions de l'État? 

Sont issus de cette promotion : Emmanuel Macron (futur Président de la République), mais aussi Boris Vallaud ( futur député), Gaspard Gantzer (futur chef de la communication de François Hollande), ou encore le numéro 2 de la SNCF, "des chefs et sous-chefs de cabinet placés aux quatre coins du pouvoir très tôt" explique Mathieu Larnaudie.  

"C'est la dernière promo à n'avoir pas connu le service militaire, donc très masculine et nombreuses" précise l'auteur qui explique, à propos de ses étudiants : "Ils sont déjà partout, un lot de très fortes personnalités, très engagés politiquement tout de suite dès leur entrée à l'ENA." 

C'est la promo contemporaine de l'histoire qui se remet en route 

Est-ce pour autant un accélérateur de carrière ? "Eux-même ont un double discours", reconnait Mathieu Larnaudie qui explique ainsi l'endogamie que cela provoque : "On aime travailler avec les gens qu'on connait et dont on connait les compétences."

Quel regard portent ces jeunes gens de la promo Senghor sur leur ex-camarade Emmanuel Macron ? "Ils avaient, à l'époque, tous plutôt de la bienveillance à son égard. Cela a un peu changé aujourd'hui" répond Mathieu Larnaudie.

Il y a une part de rivalité, d'émulation omniprésente, qui n'empêche pas l'amitié : ce sont de grands compétiteurs, comme on le dirait dans le sport

"Ils s'inscrivent tous dans une certaine idée d'un consensus républicain" explique l'auteur des "Jeunes Gens", qui reconnait aussi que cette promotion a enfreint la règle d'airain de l'ENA, "PDVMVPDV" ("Pas-de-vagues-mon vieux-pas-de-vagues") : "Selon eux, l'ENA est une machine à classer, et, en plus, qui classe mal".

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