Delphine Horvilleur, rabbin et directrice de la rédaction de la revue "Tenoua", auteure de "Vivre avec nos morts" (Grasset), est l'invitée de 7h50.

"En hébreu, le mot “cimetière” se dit “maison de la vie” ou “maison des vivants” parce qu’il y a une conscience particulière que c’est dans ce lieu que se joue le récit de la vie de ceux qui nous quittent. Et qu’il existe pour ceux qui restent une possibilité très particulière de raconter cette vie et de penser les traces que laissent les autres", explique Delphine Horvilleur dans son livre qui raconte les funérailles qu'elle a vécues en tant que rabbin.

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Croyants et non-croyants, "tout nous rassemble"

Elle se définit elle-même comme rabbin laïque, depuis l'attentat contre Charlie Hebdo. "On se souvient tous de ce moment  tragique de 2015, où tant de gens voulaient opposer ceux qui croient et ceux qui ne croient pas. En me tenant aux obsèques d’Elsa Cayat, face à l’équipe de Charlie Hebdo, je comprends qu’on habite le même monde, et que tout nous rassemble. À partir de cet instant, je peux commencer à parler de moi-même comme d’une “rabbin laïque”, avec tout le jeu de mots."

"Le rabbin doit incarner un plus grand que nous, la tradition qui parle à travers lui ou elle doit être plus grande que sa propre voix. Et lorsqu’on est aussi l’amie [de la personne décédée], c’est une mission impossible."

"La question [de ce qu’il y a après la mort] existe en chacun d’entre nous, c’est la question par excellence", rappelle Delphine Horvilleur. "La tradition juive a des réponses très particulières à apporter, puisqu’elle n’en a pas. Elle continue à entretenir la question par-delà la mort. Mais il faut accepter d’entendre ces questions partout d’où elles viennent. Moi j’ai voulu rendre hommage à toutes les personnes que j’ai accompagnées mais aussi à tous leurs proches, tous ceux qui m’ont posé des questions auxquelles je ne savais pas nécessairement répondre. Mais je savais que quoi qu’il arrive, même pour ne pas répondre, je devais me tenir à leurs côtés."

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"Comment vivre avec les résidus dans nos vies ?"

Elle raconte notamment le jour de l'assassinat de Yitzhak Rabin : "La grande histoire a croisé ma petite histoire à ce moment-là, j’étais sur cette place au moment où il est mort. Pour moi cela avait à voir avec la fin des illusions, la fin de l’adolescence, l’entrée dans l’âge adulte. La conscience qu’on va devoir faire face à ce qui dans la vie ne dure pas."

"Je crois qu’il y a tout autour de nous des fantômes, il y en a toujours eu", assure la rabbin. "Et en temps de crise, il se font beaucoup plus loquace. La question, c’est de savoir quel dialogue on va engager avec eux. Un fantôme, c’est pas forcément mauvais, qu’on y croie ou pas, c’est une allégorie : comment vous vivez avec les résidus dans vos vies, avec ce que vous n’avez pas pu faire, dire, réaliser. Il faut apprendre à vivre avec, mais on ne peut le faire que si on accepte de discuter avec eux."

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  • Légende du visuel principal: Delphine Horvilleur © AFP / LOIC VENANCE / AFP
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