Porté par des sondages en hausse, Jean-Luc Mélenchon se pose en homme présidentiable. Il a dans le viseur François Fillon. Son porte-parole est l'invité d'Alexandra Bensaid

Alexis Corbière en février 2017
Alexis Corbière en février 2017 © AFP / JOEL SAGET

Porté par des sondages en hausse, Jean-Luc Mélenchon se pose en homme présidentiable. Il a dans le viseur François Fillon. Son porte-parole est l'invité d'Alexandra Bensaid. A quelques heures du débat qui mettre face à face les 11 candidats au premier tour de la présidentielle, Alexis Corbière l'assume : "L'objectif de Jean-Luc Mélenchon c'est de gagner. Aujourd'hui nul ne peut s'affirmer vainqueur" du scrutin qui se déroulera dans moins de trois semaines.

Comment le candidat de la France Insoumise se prépare-t-il à ce débat ? "On sait tous comment jouer au football à 11... débattre c'est plus compliqué", ironise le porte-parole qui explique que Jean-Luc Mélenchon se prépare essentiellement à formuler des réponses adaptées au court temps qui lui sera alloué, comme à tous les autres candidats. "Il n'y a pas de "punchline" prévue, ce qu'a dit Jean-Luc lors du dernier débat, ce n'était pas préparé", assure-t-il.

Pas "tout seuls"

Alexis Corbière pense-t-il que son candidat a des chances de l'emporter malgré un relatif isolement ? "Ca veut dire quoi, "être tout seul" ? On a 350.000 soutiens, Jean-Luc Mélenchon est celui qui rassemble le plus", assure-t-il. Et pas seulement dans un camp politique bien défini :

"En quoi être républicain, laïc, favorable à une sixième République, c'est être la gauche de la gauche ?"

Réfutant toujours une alliance avec le candidat du PS Benoît Hamon, qui est pour lui "chaque semaine le candidat de la désunion et de la désillusion de son propre camp", il affirme vouloir convaincre ceux qui n'ont pas encore fait leur choix et "qui n'en ont rien à faire de savoir que l'on discute avec des chefs à plumes de partis politiques". "Il s'agit de passer de la France indécise à la France insoumise", dit-il.

"On devient des citoyens sous influence"

Evoquant la concurrence, il affirme à propos d'Emmanuel Macron le trouver "plutôt inquiétant" : "Pourquoi vient-il ? Pour uberiser la société ? Pour remettre en cause la retraite par répartition ? Pour beaucoup de Français c'est inquiétant", explique Alexis Corbière.

"On devient des citoyens sous influence des sondages quand on nous dit qu'il n'y a qu'un candidat qui pourrait battre Marine Le Pen au second tour, sous-entendu c'est Monsieur Macron, il n'est pas terrible mais c'est le seul à pouvoir battre le Front national", dénonce-t-il, ajoutant :

"Non ! Tout le monde peut battre Marine Le Pen au second tour, et Jean-Luc Mélenchon mieux que tout autre"

A propos de François Fillon, il affirme que "les questions d'éthique" restent majeures quant à sa candidature. Et sur Marine Le Pen, Alexis Corbière considère que "le pays n'est pas mûr pour ça, mûr au sens où le pays a d'autres aspirations qu'avoir des xénophobes au pouvoir".

"Il n'y a plus de cheptels électoraux"

Alexis Corbière pense pouvoir convaincre des électeurs de gauche comme de droite, autour d'idées comme celle de la VIe République : "Avec une assemblée constituante, on peut rediscuter ensemble de nouvelles règles démocratiques", assure-t-il, d'autant plus que les députés de la Ve République ne pourront pas participer à cette assemblée constituante.

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