Paul Moreira, grand reporter et réalisateur, est l'invité de Carine Bécard à 7h50 pour "World's Most Wanted", une nouvelle série documentaire disponible sur Netflix.

Des portraits du narcotrafiquant Ismael Zambada Garcia dit El Mayo, l'un des héros de la série de Netflix, "World's Most Wanted".
Des portraits du narcotrafiquant Ismael Zambada Garcia dit El Mayo, l'un des héros de la série de Netflix, "World's Most Wanted". © AFP / HO

World's Most Wanted, la série documentaire en 5 épisodes, produite par Premières lignes et Nova Productions, est disponible depuis le 5 août sur Netflix. "C'était un défi assez rigolo à relever (...) il y avait un énorme enjeu parce que c'est la première série globale, destinée à toute la planète, réalisée par des Français", indique son réalisateur Paul Moreira. Il est consacré à El Mayo, chef du cartel de Sinaloa au Mexique : "C'est un personnage incroyable. El Chapo ayant été arrêté, c'est lui le grand patron. Et quand on s'intéresse au bonhomme, on voit que c'est un chef d'État ! Il a transformé Sinaloa en État".

Comment infiltrer un clan de narcotraficants ? "Grâce à un contact, un ami d'enfance que connaissait un journaliste mexicain, qui connaissait le premier cercle de sécurité de Mayo. On a demandé l'autorisation, on a tout fait de façon très transparente", raconte Paul Moreira, expliquant que de toute façon leur démarche aurait été connue de l'entourage de El Mayo : "Ils savent tout, on m'a dit 'Dès que vous mettez le pied à l'aéroport, on sait que vous arrivez'. C'est une sorte de micro-FBI parallèle (...) On a demandé à les rencontrer, qu'ils nous racontent comment c'est possible d'assurer la protection d'un type recherché par le DEA". 

"Le seul vrai risque que je prenais, c'est que tout le long de l'interview, notre interlocuteur était masqué. Si le masque tombait, là, on pouvait avoir des problèmes : on reconnaissait son visage. Nous mettions un soin méticuleux à remonter le masque sur son visage ! Il était entouré d'une garde armée, et il le dit très clairement dans une interview : si on lui demande de tuer, il tue", raconte Paul Moreira. 

Qu'est-ce qui change, quand on a travaillé pour Cash Investigation ou Envoyé Spécial, et que l'on passe à Netflix ? "Les moyens sont multipliés par cinq. Ma terreur pendant ce tournage c'était de me faire un lumbago. L'excédent de bagages, c'était du jamais vu, on avait des drones, des quantités de caméras, c'était comme un tournage de cinéma". En revanche, il explique avoir été libre sur le fond du film : "Quand on vous demande de raconter la traque de quelqu'un, vous acceptez le deal. C'est un thriller que j'ai fait, un film de genre. Ce n'est pas ce que j'aurais fait pour une chaîne française. Mais c'est un deal. Mais dans ce genre qu'est le thriller, vous pouvez mettre énormément de fond. C'est sur la forme que Netflix était insistant : il faut que ce soit tendu, qu'il y ait du suspense". 

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