Le ténor du barreau, qui publie "Directs du droit", est l'avocat de Théo, victime présumée de violences policières et d'un viol à Aulnay-sous-Bois. Il est l'invité de Léa Salamé.

L'avocat Eric Dupond-Moretti
L'avocat Eric Dupond-Moretti © AFP / Nicolas Tucat

L'affaire d'Aulnay-sous-Bois

Avocat du jeune Théo, victime d'un viol présumé (un policier lui aurait inséré une matraque dans l'anus en marge de violences policières), Éric Dupond-Moretti balaie la défense qui consisterait à parler d'un "accident", estimant que si cette excuse est acceptée, alors on pourra se défendre de n'importe quel viol en plaidant le côté involontaire : "avis aux amateurs". "Il y a la loi : le viol, c'est l'introduction par quelque moyen que ce soit d'un objet ou d'un sexe".

Le jeune homme est toujours dans un état grave, "avec une incapacité totale de travail énorme, 60 jours", assure l'avocat, qui assure que la famille ne souhaite pas "être reçue par le ministre de l'Intérieur". "La famille veut juste des réponses aux questions qu'elle se pose [...] Il y a une exigence vis-à-vis de la justice. J'ai connu des tas d'affaires où l'on a enterré les choses". Il souligne aussi "le courage du maire d'Aulnay-sous-Bois", lui-même ancien policier, et qui s'est indigné de la requalification des faits de "viol" en "violences volontaires".

La transparence contre la justice ?

Dans son livre, Éric Dupond-Moretti dénonce les dérives du système judiciaire et de ce qui l'entoure. "La transparence est devenu la transpercence", affirme-t-il, considérant que "les juges qui se veulent transparents ont tué le secret professionnel de l'avocat". Il cite notamment l'affaire Bettencourt et l'enregistrement par le majordome de Liliane Bettencourt, où l'affaire Sarkozy / Herzog où des écoutes ont été autorisées.

Même problème selon lui dans l'affaire Cahuzac : "J'en veux pas à Mediapart d'avoir révélé l'affaire. Mais je leur en veux d'avoir écrit au procureur de la République, par exemple. Parce que ça, c'est un travail de police."

Quant à l'affaire Fillon, il estime que la meilleure défense aurait été d'invoquer la séparation des pouvoirs. Et dénonce un certain procès médiatique : "Bien sûr que le Canard enchaîné fait son boulot, bien sûr que ça suscite débat. Mais le problème, c'est quand on commande un sondage pour demander si [François Fillon] dit la vérité."

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