Yasmina Reza, écrivaine, publie son nouveau roman, "Serge" (Flammarion). Elle est l'invité de Léa Salamé.

Je fais moi-même partie d’une fratrie de trois", raconte l'écrivaine, qui s'est demandé dans son ouvrage : "Qu’est-ce qui fait que trois êtres sont au même endroit, tombent là pendant tant d’années ? C’est une question à laquelle je ne réponds pas dans le livre, je la laisse ouverte."

"La mort est tellement importante dans tous nos choix de vie, ça me paraît impossible de ne pas y penser. L’écriture est un moyen de l’aborder frontalement, de la prendre de face."

Ce qui l'a motivée pour écrire ce livre, c'est l'impression de la fin d'une époque, celle des juifs d'Europe centrale : "Il y avait une concomitance très subtile entre le fait qu’aujourd’hui il n’y a plus aucun témoin d’Auschwitz, des camps en général, à part quelques enfants, aucun adulte n’est survivant."

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"Et moi, dans ma propre vie ces deux dernières années, j’ai perdu des gens que j’aimais énormément, qui étaient très âgés, des représentants typiques de ce monde d’Europe centrale merveilleux, semblable à rien du tout. Ils avaient tout traversé, et étaient à la fois infernaux, drôles, mélancoliques, désespérés, affrontant eux aussi la mort de face… et joyeux jusqu’au bout. Ils sont partis, je ne les ai plus, ces gens."

"La mémoire est un simulacre, pour moi"

Comment parler, justement, des camps de concentration, comment les visiter des années après la mort de ceux qui y ont vécu l'horreur ? "Il faudrait un nouveau nom pour ces lieux-là. Ce sont des lieux-dits, aujourd’hui, ils portent le nom d’Auschwitz et Birkenau mais n’ont rien à voir avec ce qu’ils étaient. Aujourd’hui, tout est porté à bout de bras par les scientifiques. Ces visites mythologiques n’ont pas plus de sens que celle des ruines d’Épidaure ou n’importe quel site touristique… On ne peut plus aller là-bas sans être un touriste !"

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Pour Yasmina Reza, le travail de mémoire autour de ces lieux est "un simulacre". "La mémoire ne signifie rien, elle ne peut pas être considérée comme une valeur en soi… Un ordinateur a de la mémoire ! La mémoire, ce n’est rien, c’est un emmagasinement. La seule mémoire, qui vaut pour l’être, est celle qui est reliée à un savoir intime. Toute mémoire qui ressemble à une obligation ou à un enseignement qui deviendrait obligatoire, je ne le comprends même pas."

"En quoi ça nous préserve de savoir qu’a eu lieu telle chose ? Moi je pense qu’on le refera, on refera tout. Je ne crois pas du tout à l’amélioration de l’Homme."

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  • Légende du visuel principal: Yasmina Reza en 2014 © Maxppp / Pascal Victor
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