Carla Bruni est l'invitée de Léa Salamé. La chanteuse est de retour le 9 octobre avec un nouvel album éponyme (Barclay Universal).

"C’est difficile d’être inspiré par les choses qui nous tombent dessus et que l’on subit", explique Carla Bruni quand on lui demande de raconter son dernier album. "On est bien davantage inspiré par les choses dont on rêve. On peut souffrir pour créer mais il y a de jolies souffrances : l’anxiété n’est pas une souffrance créative."

Carla Bruni est aussi inquiète pour ce que subit la culture avec le Covid-19 : "Ça m’inquiète beaucoup, j’ai beaucoup d’amis en très très grande difficulté, qui changent de travail… C’est très inquiétant, le monde de la culture est naufragé et pratiquement toutes les professions libérales sont en grande difficulté. Tout le monde du show-business est en difficulté, du technicien au maquilleur."

Enfant quittant le nid et secrets de famille

Dans un titre de son nouvel album, elle raconte notamment "la chambre vide", celle de son fils qui a quitté la maison : "Ça va au-delà de la mélancolie personnelle. La chambre vide, c’est pas seulement celle d’un enfant qui est devenu adulte et qui est parti, c’est aussi le vide de toutes nos vies. On mesure avec nos enfants et ceux des autres que le temps est passé, le temps passe à travers eux."

Elle évoque également un secret de famille : le fait que son père n'était pas son père biologique. "Le secret est comme un poison, avec lequel on ne peut pas se construire. C’est difficile de se construire quand il manque une case : mon père l’a dit à ma sœur, et ma mère l’a aimablement confirmé. Il y a aussi quelque chose de beau dans le secret, qui nous manque un peu de nos jours, parce qu’on est tout le temps en train de dire ce qui se passe, de tout dévoiler. La transparence aujourd’hui est peut-être nécessaire, mais elle est morose et ennuyeuse."

Nicolas Sarkozy, "garçon triste"

Dans “Le garçon triste”, elle évoque "son amoureux" Nicolas Sarkozy. "Parfois, quelque chose ressort de quelqu’un, et ce n’est pas du tout ce que les autres voient. Je trouve qu’il a quelque chose de profondément caché par rapport à cette tristesse, comme si elle l’embarrassait. J’ai l’impression que les personnes toujours dans l’énergie, dans une espèce de construction active, qui ne parlent que de ça… C’est comme une boîte de Pandore que nous avons tous."

Le fait d’épouser un homme politique a-t-il eu un effet sur sa carrière ? "Ça m’a fait connaître une chose que je ne connaissais pas du tout : le sexisme", explique Carla Bruni. "Depuis que j’ai 19 ans j’étais habituée à être jugée pour ce que je faisais moi, et pas pour mon mari. Et ça, ça m’a stupéfaite et ça me stupéfie encore. Ça me stupéfie qu’après 30 ans de travail, on me dise “ça, ça vient de ton mari”."

  • Légende du visuel principal: Carla Bruni © AFP / ROGER ARPAJOU
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