Augustin de Romanet, PDG du groupe ADP, est l'invité de Léa Salamé à 7h50. Il évoque les conditions nécessaires à la reprise du trafic aérien.

Pour Augustin de Romanet, le cap est clair : "Face à cette crise, il faut recréer les conditions de la confiance. Ce qui est en jeu va bien au-delà de notre situation économique d'aéroport, car le tourisme représente plus de 10% du PIB mondial".

"Si nous ne faisons pas repartir la connectivité aérienne, c'est tout le tourisme, toute l'hôtellerie, qui ne redémarreront pas"

Il explique ainsi que si les aéroports de Paris rouvrent mais que de l'autre côté aucun aéroport américain ou africain n'ouvre, cela ne sert à rien. "Dans les semaines à venir, il faudra donc recréer la confiance dans trois domaines : la propreté de l'aéroport pour que les passagers sachent que les aéroports sont sûrs, des mesures aux arrivées pour être sûrs que les personnes malades ne viennent pas dans le territoire, et des mesures au départ pour garantir aux autres pays que les exigences sanitaires sont respectées", explique-t-il. 

S'il ne souhaite pas se substituer aux autorités de santé, il explique avoir déjà fait acheter aux aéroports de Paris des caméras thermiques en anticipation. 

Alors qu'Orly est fermé depuis une semaine, fermer l'aéroport, n'était-ce pas aller trop loin ? "Il n'y avait plus que 750 passagers par jour dans un aéroport qui peut en accueillir 100 000", explique le patron d'ADP. "L'exigence pour nous c'est de ne pas demander d'aides à l'État en plus du chômage partiel", qui, selon lui, concerne environ deux tiers du personnel - ainsi que des personnels à l'étranger, où "la situation de chômage partiel est moins avantageuse qu'ailleurs en France". 

Sur la privatisation, Augustin de Romanet répète que "ce qui est important dans une entreprise c’est de bien servir ses clients, j’ai toujours dit que, que l’actionnaire soit privé ou public, ça ne change rien à la détermination de nos équipes pour servir le mieux nos clients". 

Le fait d’avoir des actionnaires privés nous rend extrêmement scupuleux sur la gestion financière de l’entreprise. En revanche nous avons un ADN public dont nous sommes très fiers. 

L'entreprise perd aujourd'hui environ trois millions d'euros de chiffre d'affaires par jour. Alors que selon certaines estimations un arrêt de l'économie pendant trois mois peut faire plonger le PIB de 10% à 18%, il affirme à nouveau que "c'est la raison pour laquelle notre responsabilité de rétablir la connectivité  aérienne est pour nous très importante". "Je milite pour qu'il y ait un grand plan européen de la confiance dans le transport aérien, dit-il, espérant que "pendant les vacances d’été tout ceux qui veulent partir puissent le faire dans des des conditions de confort dans l’aéroport de départ et dans l’avion. Maintenant ce que j’espère, c’est qu’à l’arrivée ils ne seront pas accueillis par des quarantaines, qu’ils seront bien accueillis, d’où l’importance de ce climat de confiance".

Enfin, atteint il y a quelques semaines par le Covid-19, Augustin de Romanet rappelle que "ce n'est pas une grippe, c'est une pneumonie : sortir dans la rue sans protection, c’est un billet de loterie qui peut vous faire perdre.

  • Légende du visuel principal: Augustin de Romanet © AFP / Eric Piermont
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