Cinq ans après l'attentat de Charlie Hebdo, la veuve du dessinateur Tignous publie un livre intitulé "Si tu meurs, je te tue" (Plon). Chloé Verlhac est l'invitée de Léa Salamé à 7h50.

Dans son livre "Si tu meurs je te tue", Chloé Verlhac, veuve du dessinateur de Charlie Hebdo Tignous, y raconte leur dernier au revoir, et comment elle a appris la mort de son mari. Quand elle arrive au siège du journal ce 7 janvier 2015, "personne ne me laisse entrer. J'ai ce sentiment terrible que si je craque, on ne me répondra pas, et que je serai reléguée dans la catégorie des femmes hystériques. "

"Personne ne veut prendre la responsabilité de me parler, tout le monde me dit 'on ne sait pas'." 

"C'est moi qui verbalise, qui demande s'il est mort. Je fais un tour de la salle, et dans les regards que je croise, il y a Luz, qui hoche la tête", poursuit Chloé Verlhac.

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Après l'attentat, Chloé Verlhac raconte "avoir bataillé pour tout". Les rendez-vous avec les psychologues ont été "très décevants". "J’espérais qu’on aurait un vrai accompagnement. Mais on n’a pas a eu affaire à des gens aussi compétents qu’il aurait fallu. Cinq ans après on le sait, tout le monde a été dépassé. Humainement, personne n’a été capable de faire face." 

"On ne rentrait dans aucun formulaire, aucune case, donc a n’a pas su nous gérer."

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La veuve du dessinateur explique aussi pourquoi elle a voulu avoir accès à l'autopsie. "L’imagination est extrêmement fertile : j’ai dormi avec des images monstrueuses de mort, de scènes que j’ai imaginées et qui m’ont détruite. J’avais besoin de visualiser, de savoir, comment Tignous était mort. Et bien il a été exécuté. Il avait son feutre à la main, il ne l’a pas lâché."

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  • Légende du visuel principal: Chloé Verlhac © AFP / Martin Bureau
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