Le directeur de la chaire Moyen-Orient Méditerranée à l’École normale supérieure et professeur à Science Po publie "la Fracture" chez Gallimard. Il est l'invité de Léa Salamé.

Gilles Kepel
Gilles Kepel © Maxppp / Nathalie Saint-Affre

Dans cet ouvrage, il dénonce l'attitude de la gauche vis-à-vis de l'islam et s'en prend notamment au CCIF, le Collectif Contre l'Islamophobie en France, qu'il accuse d'exacerber les tensions communautaires. "En France, il y a d'un côté un repli communautaire et de l'autre les identitaires.", assure Gilles Kepel. "L'un des facteurs qui fait monter Marine Le Pen, ce sont les morts de Nice et Saint-Etienne-du-Rouvray, les attentants djihadistes".

Pour lui, la polémique du burkini a ainsi vu la France passer du statut de nation soutenue par l'ensemble du monde à celui de nation islamophobe. "Or cette construction de l'islamophobie a un effet d'occultation, on ne veut plus penser la question des attentats".

Gilles Kepel estime également que le CCIF joue un jeu dangereux pour 2017 en dénonçant l'islamophobie de tel ou tel candidat et en introduisant une forme de "vote communautariste". "On prend en otage les musulmans en leur demandant de voter en fonction de l'islamophobie de certains. Et qui va établir ces critères ? Le CCIF sans doute." Pour lui la solution est dans une application de la laïcité, "une laïcité d'inclusion et plus une laïcité de séparation".

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