Fatima Daas, romancière, auteure de « La Petite Dernière » (éd.Notabilia), est l'invitée de Léa Salamé.

La petite dernière, de Fatima Daas est un premier roman, très remarqué, de cette rentrée littéraire 2020 : le récit vibrant d'une jeune musulmane de banlieue, lesbienne, qui ne veut renoncer à aucune identité, et qui a trouvé l'écriture sur sa route : "J'étais arrivée à un moment de ma vie ou je me suis dit que j'avais grandi sans aucune représentation de ce que j'étais : une femme, française, bonne élève, lesbienne, musulmane, croyante".  

"Lorsqu'on arrive pas à se le dire à soi-même, il est plus facile d'écrire"

"Ça part d'une source autobiographique mais ça ne m'intéressait pas de raconter mon histoire" explique la jeune femme, qui revient sur son personnage, qui porte le même prénom que l'auteure et fait parfois preuve de violences à l'égard des autres : "Elle a profondément honte de ce qu'elle est. Voir ce jeune garçon assumer son homosexualité, ça la rend folle".

Dans ce roman, la figure du père est violente, intransigeante, quand le personnage de la mère est, lui, maladroit mais tendre : "Bien sûr que c'est étouffant les non-dits (...) On parle pas à sa mère d'homosexualité quand ça ne nous concerne pas du tout ". 

« Je n'avais pas envie de faire un journal intime, mais de la littérature. Ce qui m'a aidée, c'est d'introduire de la fiction"  concède aussi Fatima sur ce premier roman déjà en lice pour le prix décerné par Le Monde/La Fnac.

"C'est un personnage qui est toujours à côté, jamais à sa place, c'est ça qui est intéressant", poursuit-elle en expliquant ce refuge qu'est la fiction : "J'ai trouvé un endroit précieux. Mais il n'y a pas de solution dans ce roman".

"J'ai surtout peur qu'on arrête de parler de mon écriture" affirme la jeune femme qui confie sa peur d'être "récupérée", par des forces politiques ou le mouvement LGBTQI

  • Légende du visuel principal: Fatima Daas © AFP / JOEL SAGET / AFP
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