Le défenseur des droits Jacques Toubon est l'invité de Léa Salamé pour la sortie du rapport annuel 2019.

Le Défenseur des droits Jacques Toubon rend son 6e et dernier rapport comme défenseur des droits, avant de quitter ses fonctions en juillet. 

Inquiétude pour les enfants,  "les principales victimes quand on fera le bilan de la crise provoquée par la pandémie"

Au regard de l'organisation du retour à l'école des enfants, sur la base du volontariat, depuis le début du déconfinement , Jacques Toubon estime que "les enfants entre 3 ans et la fac, seront parmi les principales victimes quand on fera le bilan de la pandémie" car "une sorte de sélection a été faite", et "sur le quart des enfants qui sont revenus, il n’y a pas ceux qui devraient le plus bénéficier de l’école et en particulier de la restauration collective". 

"Il y a des milliers d’enfants qui avec la cantine avaient une nourriture normale. Il y a des enfants défavorisés qui ne mangent pas"

Pour le défenseur des droits, il faut donc trouver les moyens de faciliter le retour à l’école, et surtout la cantine. Aujourd'hui, "dans la plupart des établissements il n’y a pas de cantine". 

Aller et venir, manifester : "nous ne pouvons vivre qu' avec ces droits et libertés"

Jacques Toubon rappelle qu'un état d’urgence doit porter des mesures restrictives de liberté à condition qu'elles soient nécessaires, proportionnelles, exceptionnelles et temporaires. 

"C’est sur ce dernier point [temporaire]que je manifeste mon inquiétude. La limitation de manifester et d'aller et venir ne sont pas compatibles avec l'état de droit. Nous ne pouvons vivre qu'avec ces droits et libertés". 

En 2015, lors de la COP21, "il y a eu une sorte de détournement de l'interdiction de manifester" indique Jacques Toubon, qui estime qu'il "faut faire très attention". "Le Défenseur des droits sait très bien qu'il y a des nécessités. Il sait très bien que le peuple et tous les peuples ont peur. Il sait très bien que beaucoup de personnes sont sidérées, mais il faut bien veiller à ce que nous sachions que nous ne pouvons vivre qu'avec ces droits et ces libertés. Ça fait trois siècles que nous nous sommes battus pour les avoir, il ne faut pas les jeter comme ça avec désinvolture", prévient-il.

Racisme : "il faut la traçabilité des contrôles d’identité"

Jacques Toubon rappelle qu'il a été maire du XIIIe arrondissement de Paris pendant 18 ans, et qu'il est à l'origine du Musée de l’histoire de l'immigration. 

"Les policiers, gendarmes, vigiles, parce qu’ils ont le monopole de la violence légitime pour faire respecter  la loi, doivent avoir un comportement professionnel encore plus respectueux des lois"

Il rappelle que les policiers doivent intervenir "en accordant la même intention et le même respect à toute personne en n'établissement aucune discrimination. C'est un article du code de sécurité intérieure"

En 2016 il a fait faire une étude sur 5000 personnes. L'étude a montré que 80% des personnes noires ou arabes ont 20 fois plus de probabilité d’être contrôlées.  

"J’ai fait des propositions, la police doit pouvoir travailler en respectant la non discrimination". 

il faut la "traçabilité des contrôles d’identité", estime Jacques Toubon, qui constate que l'on connait "à l’unité près  le chiffres des contrôles des attestations dérogatoires de déplacements [pendant le confinement], mais pas celui des contrôles d'identité".

"Je ne sais pas pourquoi il n’y a pas de consensus autour de cela", regrette le défenseur des droits. "Ce serait donner de la sécurité juridique et de la force aux policiers".  

  • Légende du visuel principal: Jacques Toubon © AFP / MARTIN BUREAU / AFP
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