Nicolas Bay, secrétaire général du Front National, est l'invité de Léa Salamé, au lendemain du second tour de l'élection présidentielle qui a vu la défaite de Marine Le Pen.

Nicolas Bay, secrétaire général du Front National
Nicolas Bay, secrétaire général du Front National © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

Nicolas Bay secrétaire général du Front National réagit à l'élection d'Emmanuel Macron, et au score atteint par Marine Le Pen, le plus important pour le parti jamais atteint à une présidentielle : "Nous savions que ce serait difficile, ça se solde par une victoire d'Emmanuel Macron qui est nette et aussi par une progression de Marine Le Pen qui n'en est pas moins spectaculaire", dit-il, avançant le nombre de "près de 11 millions de Français qui ont voté pour elle hier", appelant ainsi à "une recomposition dans laquelle Marine Le Pen et le Front national ont un rôle absolument essentiel à jouer pour constituer la principale, et la seule, force d'opposition".

Plutôt que de revenir sur ce qui n'a pas fonctionné, Nicolas Bay préfère "voir ce qui a bien fonctionné" dans la campagne de la candidate frontiste selon lui. "Beaucoup de sujets ont été au coeur de la campagne parce que Marine Le Pen les a mis au coeur de la campagne", dit-il. Sur le débat d'entre-deux tours, il se félicite du fait que "Marine Le Pen a voulu dans ce débat ne pas épargner Emmanuel Macron, elle ne l’a pas épargné, elle a aussi voulu souligner les grandes incohérences de son projet, les carences de son projet".

La question monétaire "caricaturée"

Il dénonce par ailleurs un "système coalisé" qui a été contre son camp : "une bonne partie de la classe politique a appelé à voter Emmanuel Macron ; on a aussi vu la caste médiatique se constituer en opposition frontale avec Marine Le Pen", explique-t-il, ajoutant dire que "dans notre position la question monétaire notre position a été caricaturée, on a tout fait pour en faire l’alpha et l’oméga de notre projet économique".

Mais alors, qui a perdu cette élection selon lui ? "C'est le peuple français, qui ne s'en rend pas encore compte mais qui risque de souffrir de la politique qui sera menée par Emmanuel Macron, dont on voit qu’il n’incarne le renouveau ni par le projet politique ni par ceux qu’il fédère autour de lui", selon Nicolas Bay.

Sur l'avenir du FN, "le temps de la réflexion viendra"

Pas de mea culpa, donc ? "Le temps de la réflexion viendra", dit Nicolas Bay, on a encore les législatives qui vont intervenir dans le mois qui vient, explique-t-il. Pour recomposer le FN, il y aura "un débat ces prochains mois, dans le cadre de nos instances" explique Nicolas Bay, qui confirme qu'il y aura un congrès, c’est obligatoire dans le cas d’un changement statutaire”. Avec ou sans Marine Le Pen ? "Elle a une autorité incontestable", répond l'actuel secrétaire général du Front national.

"Mais avant ça il y a le combat des élections législatives, et le rassemblement des patriotes initié avec Nicolas Dupont-Aignan va se poursuivre", assure Nicolas Bay. Même si celui-ci a dit qu'il ne rejoindrait pas le FN ? "On est attachés au principe d'alliance politique", répond le député européen FN. "Nicolas Dupont-Aignan a son propre mouvement, le partenariat avec lui se poursuivra mais ça n’empêchera pas d’avoir des mouvements qui gardent leur particularité".

Objectif : "être le principal pôle d'opposition"

Réagissant aux "MacronLeaks", ces fuites de documents piratées diffusées au tout début du week-end et partagées notamment par Florian Philippot, Nicolas Bay, tout en jugeant "très contestable" la méthode, affirme : "On verra si ce que vous appelez des tentatives de déstabilisation apparaissent ensuite comme des informations fondées ou si elles sont erronées".

Quel objectif donc pour les législatives ? "C'est un peu tôt pour des projections chiffrées", dit le secrétaire général du parti, qui affirme toutefois que pour lui "il faut que les patriotes soient présents massivement et qu’ils constituent le pôle principal d’opposition, car la droite n’est pas en mesure de constituer cette opposition compte tenu de leur ralliement à Emmanuel Macron dès le soir du premier tour".

Revoir l'intégralité de l'interview de Nicolas Bay sur France Inter

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