Coco, dessinatrice de presse à Charlie Hebdo, autrice du récit graphique "Dessiner encore" (éd. Les Arènes, sortie le 11 mars), est l'invitée de Léa Salamé.

Elle y raconte les cauchemars, la fin de l'insouciance, sa culpabilité d'avoir ouvert la porte aux terroristes. La dessinatrice Coco publie "Dessiner encore", un récit graphique dans lequel elle raconte l'après 7 janvier 2015, jour de l'attentat qui a frappé Charlie Hebdo, le journal satirique dont elle fait partie. Elle décrit notamment la "vague" qui la submerge "à tout moment" et lui rappelle les quelques minutes d'horreur. "C’était une image parlante, empruntée à la vague d’Hokusai. Une image violente, mais je me sentais noyée par des tas de choses. Par le traumatisme, puissant et violent, par le travail à faire après l’attentat, pour reconstruire le journal..."  

Ce récit montre aussi les derniers détails, ces dernières minutes passées dans les locaux de Charlie, raconte "la magie de ce moment qui a été arraché", qui réunissait sa conférence de rédaction ce jour-là. "Les derniers détails et aussi une grande simplicité de ce qu’étaient ces réunions, des engueulades, de l’humour, de la bouffe ; quelque chose de très humain", témoigne Coco à propos de "cette rédaction qui [l'a] fait grandir". "J'y étais bien, parce que je progressais, on commençait a me filer des petits reportages..." 

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Un moment impossible à représenter

Fallait-il représenter la scène du massacre de l'équipe de Charlie Hebdo par les deux terroristes ? Coco ne l'a pas souhaité, jugeant cela "irreprésentable, innommable". "Quand on formule des choses en dessin, on représente. Je ne voulais pas enfermer mes amis dans cette dernière image, je ne voulais pas partager ce moment-là, ce n’est pas partageable." Elle a représenté ces instants par des pages noires de hachures, "faites dans un silence absolu, celui de la vie qui s'est éteinte".  

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Coco raconte le poids ressenti, "cette culpabilité du survivant", "très dure à gérer dans l'après". La culpabilité de connaître des moments de joie. "Pourtant cette vie vous l’aimez, c’est ce à quoi vous vous accrochez, c’est ce qu’était cette équipe de Charlie, une pulsion de vie, de rigolade." 

"Chaque moment où la vie éclate, où le bonheur est trop fort, vous fait presque culpabiliser."

Un poids, une culpabilité, un responsabilité dont elle a réussi à se détacher, même si "il y a toujours quelqu’un pour vous dire ce qu’il aurait fait de mieux a votre place". "Ça a continué très longtemps. Aujourd'hui je crois qu'il n’y a pas d’autre responsable que les terroristes. Mais, toujours, en soi, on regrette quelque chose", témoigne Coco. Le travail effectué "avec le psy" évoqué dans le livre lui a "permis de sortir des 'Et si'" et de se "tourner vers quelque chose de l’ordre de l’avenir"

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Quelque chose de "cathartique", à travers cet ouvrage. "Ce sont des choses que je n’avais pas partagé, ce trouble intérieur, votre être tout entier qui est emporté dans tout ça. La parole se libère, ça fait du bien." Mais "on continue a cohabiter avec ce 7, il est là, sera toujours là et il faut s’accrocher", raconte encore Coco.  

  • Légende du visuel principal: Coco © AFP / JOEL SAGET, Anaelle LE BOUEDEC
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